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Olivier Py : "Au pur, il préfère l'impur"

Par
Mireille Herbstmeyer durant la répétition de la pièce "Les Parisiens", d'Olivier Py.
Mireille Herbstmeyer durant la répétition de la pièce "Les Parisiens", d'Olivier Py.
© AFP - BORIS HORVAT

Avignon In : Première des Parisiens, spectacle adapté et mis en scène par le directeur du festival, Olivier Py, de son roman Les Parisiens paru chez Actes Sud. Une fresque de 4h30 qui se déroule dans des milieux culturels parisiens frelatés.

L'avis de Joëlle Gayot sur Les Parisiens mis en scène par Olivier Py

1 min

Olivier Py est l’artiste des excès : chez lui, le verbe prolifère, les personnages sont extrêmes, les émotions sont outrancières, les acteurs hurlent à pleins poumons. Il est l’homme du trop plein et de la saturation.

Dans cette fresque initiatique qui voit deux jeunes hommes, Aurélien et Lucas, s’élancer dans la vie, le premier avec un appétit vorace de célébrité, d’argent et de sexe, le second, avec une douleur d’être que rien ne peut apaiser, le patron du Festival livre de lui-même la part la plus maudite. Cette part se plaît dans la luxure, elle se roule dans la fange, elle s’ébat dans le mensonge et la trahison, elle ne semble pouvoir s’épanouir que dans la laideur.

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8 min

Une comédie noire

Olivier Py dit de ce spectacle que c’est une comédie noire. Il est comique, c’est vrai, mais il est surtout noir. Sur un superbe plateau damé de noir et blanc où sont tracées en perspective les façades d’immeubles haussmanniens, les acteurs font preuve d’une violence qui n’est pas que verbale. On voit passer un ex ministre de la culture, un homme d’affaire en fauteuil roulant, une actrice borderline, des prostitués, des artistes d’opéra. Tous courent derrière un rêve. C’est la gloire, le pouvoir, l’argent ou l’émancipation. Et Dieu, bien sûr, on sait à quel point le théâtre est, pour l’artiste, l’espace d’une célébration religieuse et profane. Pourtant à la sortie du spectacle, on se pose une question. Il y a, dans cette représentation, un absent de taille. C’est le bonheur qui n’existe même plus comme idéal de vie. Les Parisiens, au fond, ce n’est pas un spectacle sur Paris et ses mœurs frelatés. C’est un spectacle sur le deuil du bonheur. Voilà ce qui le rend si saisissant et, d’une certaine manière, si douloureux.