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Onze collectifs et associations critiquent le gouvernement ouvert à la française

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Manifestation à Paris contre le projet de loi renseignement en juin 2015
Manifestation à Paris contre le projet de loi renseignement en juin 2015
© Maxppp - Bruno Levesque / IP3

Alors que la France va accueillir le 4e Sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, des spécialistes de numérique, mais pas seulement, pointent les contradictions du gouvernement: fichage, consultations biaisées, rejet du logiciel libre. Certains iront jusqu'au boycott de l'événement.

"Le « gouvernement ouvert » à la française : un leurre ?" Le point d'interrogation du titre du communiqué publié ce lundi semble presque accessoire. Au fil de ces neuf pages à lire ci-dessous, onze associations et collectifs critiquent souvent très vivement la politique du gouvernement Hollande, à la veille du quatrième Sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert qui se tiendra de mercredi à vendredi à Paris. Fichage des citoyens, consultations politiques biaisées, refus du logiciel libre, ou encore incohérence dans l'ouverture des données publiques, plusieurs grandes questions sont mises en avant par ANTICOR, April, BLOOM, DemocracyOS France, Fais ta loi, Framasoft, La Quadrature du Net, Ligue des Droits de l’Homme, Regards Citoyens, République citoyenne, SavoirsCom1.

Et au-delà de ce communiqué bilan, ces associations et collectifs ont choisi différentes implications dans le Sommet, jusqu'au boycott. C'est le cas de la Quadrature du net, Framasoft ou de SavoirsCom1, collectif spécialisé dans les questions de biens communs de la connaissance à l'origine programmé dans ces conférences. Lionel Maurel, son cofondateur, également membre du conseil d'administration de la Quadrature du net, s'explique, interrogé par Eric Chaverou. Il refuse d'être instrumentalisé et parle notamment d'un "open washing" du gouvernement pour faire illusion. Avec l'open data comme "arbre qui cache la forêt" :

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Voici trois grands points de ce communiqué bilan, ainsi que son texte en intégralité :

  • "De nettes régressions sur les droits humains et les libertés, avec l’instauration d’une surveillance généralisée et d’un fichage des citoyens qui portent atteinte à la vie privée et s’avèrent contre-productifs en matière de sécurité."A lire : TES : un mégafichier ultra critiqué
  • "Un système de participation citoyenne de façade biaisé par des conflits d'intérêts. Le gouvernement multiplie les consultations pour donner l’impression à la société civile qu’elle « co-construit » la politique du pays mais il reste sourd à l’avis des citoyens et à celui de leurs représentants, dès que les questions soulevées ou la tonalité ne lui plaisent pas. Toutes les consultations du gouvernement, ou presque, ont été menées par une seule et unique société : Cap Collectif, dont les fondateurs ont également créé la plateforme Parlement Citoyens et l’association Démocratie ouverte."
  • "Des choix technologiques en contradiction avec les principes d’ouverture prônés". Exemple cité : "En novembre 2015, quelques jours seulement après la consultation nationale sur le projet de loi « République Numérique » dont les contributions citoyennes plébiscitaient le recours au logiciel libre dans les administrations, le ministère de l’Éducation nationale signait un partenariat avec la société Microsoft, pour équiper les écoles avec des outils informatiques fermés, créant une addiction des administrations et des utilisateurs - enseignants et élèves -, aux produits de la marque, avec, de surcroît, la perspective d’avoir ces derniers comme futurs clients."

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Axelle Lemaire "très déçue" par ces attaques

La Secrétaire d'État chargée du Numérique a réagi à l'occasion de la présentation d'un incubateur civic tech ce mardi. D'après Rue89, elle s'est dite "très déçue" et "attristée" par ces attaques. Pour celle qui souhaiterait changer la Constitution, "la moindre initiative qui ouvre un peu la porte, si petite soit-elle, doit être encouragée. Refuser cela relève selon elle de « la schizophrénie », revient à se « tirer une balle dans le pied »." Et de défendre la création de la Haute autorité pour la transparence, loi Sapin 2, mais aussi et surtout sa loi numérique, co créée.

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A lire : Ce qu'ils ont retenu du projet de loi numérique

Données publiques : si ouvertes que ça ?