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Ouïghours persécutés, naissance de la guerre, Basquiat : la Session de rattrapage

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La Session de rattrapage
La Session de rattrapage

Sélection. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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C’est une semaine placée sous le signe de l’alerte climatique qui s’achève. Le rapport du GIEC publié ce lundi a donné le ton : les nouvelles ne sont pas bonnes. Plus personne n’ignore l’imminence du danger, et pourtant nous semblons pétrifiés devant l’ampleur des changements à opérer dans nos modes de vie. Un immobilisme pour le moins irrationnel. Mais avant de proclamer la fin du monde, arrêtons-nous un instant sur ces hommes et ces femmes qui, à défaut d’enrayer la crise écologique, esquissent un modèle alternatif fondé sur une économie collaborative, pendant que d’autres rêvent à un monde transhumaniste où la technologie viendrait défier la mortalité… Bonnes écoutes. Alexandra Yeh

COMPRENDRE

Manifestation à Bruxelles pour protester contre les violences perpétrées contre les Ouïghours dans le Xinjiang.
Manifestation à Bruxelles pour protester contre les violences perpétrées contre les Ouïghours dans le Xinjiang.
© AFP - Emmanuel Dunand

Ouïghours, un peuple sacrifié. Ils sont musulmans, ils sont turcophones... et surtout, ils sont persécutés dans l’indifférence générale. En Chine, 11 millions de Ouïghours sont opprimés par le gouvernement qui leur fait subir des séjours forcés dans des camps de “rééducation politique”. Ceux qui le peuvent fuient, mais ils continuent d’être traqués par Pékin. Trois d’entre eux nous racontent. ( Les Pieds sur terre, 28 min)

Datas sous serment. Terminées, les années 2000 et le temps de l’émerveillement naïf devant les progrès de la technologie. Aujourd'hui l’heure est à la prudence, voire à la technophobie. Et pour cause : l’essor des algorithmes et de la “big data” a montré que notre vie privée n’était plus une forteresse, loin de là. Au point que de plus en plus de voix s’élèvent pour demander le développement d'une éthique du numérique. ( La Méthode scientifique, 58 min)

Tous sur le divan. C’est un paradoxe que l’on ne s’explique pas : la France fait partie des plus gros consommateurs d’antidépresseurs au monde, et pourtant c’est l’un des pays où l’on trouve le plus de psychothérapeutes. État des lieux de la psychiatrie dans l’Hexagone, à l’heure où la santé mentale reste encore un sujet tabou. ( Du Grain à moudre, 40 min)

De Hitler au point Godwin. Entre 1933 et 1941, 200 journalistes étrangers étaient en poste à Berlin. Autour d'eux, les persécutions contre les Juifs et les opposants au régime se multiplient, mais ils ne sont qu'une poignée à alerter l'opinion... La presse a-t-elle su l'ampleur du massacre qui a suivi, et avec quelles images a-t-elle informé la population ? Une émission spéciale à l'occasion des Rendez-vous de l’histoire de Blois, consacrés cette année au thème de la puissance des images. ( Les Matins, 38 min)

APPRENDRE

Yeshaya Dinerstein / EyeEm
Yeshaya Dinerstein / EyeEm
© Getty

Là où il y a des hommes, il y a de la guerre ? Si la naissance de la guerre nous a toujours semblé consubstantielle à celle des hommes, elle n’a pourtant rien d’inné : l’homme n’est pas né les armes à la main. Alors comment la guerre s’est-elle érigée comme un objet politique et social, et comment la figure du guerrier s’est-elle imposée dans l’imaginaire populaire ? ( La Conversation scientifique, 60 min).

Changement de focale. Et si, pour une fois, on essayait de comprendre l’Europe en allant voir ailleurs... En changeant de perspective, en allant du côté de l’Afrique par exemple, ce continent qu’elle a colonisé, dont elle a exploité les terres et tracé - arbitrairement - les frontières. Observer l’Europe depuis l’Afrique, c’est faire un pas de côté bienvenu pour voir notre Vieux continent d’un nouvel œil. ( Matières à penser , 45 min)

Qu’on lui coupe la tête ! Il est un événement qui n’a jamais cessé de fasciner les historiens à travers les siècles : le temps de la Terreur et la question de sa portée sur notre monde moderne. Car beaucoup en sont convaincus, l’écho de la Terreur résonne encore aujourd’hui. Une émission que n’aurait probablement pas boudée Michel Vovelle, historien spécialiste de la Révolution française disparu il y a quelques jours : c’est l’occasion de lui rendre hommage. ( Concordance des temps, 59 min)

(RE)DÉCOUVRIR

Jean-Michel en train de peindre en 1983 à St. Moritz en Suisse
Jean-Michel en train de peindre en 1983 à St. Moritz en Suisse
© Getty - Lee Jaffe

Dans les baskets de Basquiat. C’était l’enfant prodige de Brooklyn. Dans les années 80, Jean-Michel Basquiat a dynamité l’univers guindé de l’art et fut le premier à incarner la transition du street art vers les galeries chics de Manhattan. ( Une vie, une oeuvre, 58 min)

Rezvani, "cent ans moins dix".  Il peint, il écrit, il compose, il chante... À quatre-vingt dix ans, Serge Rezvani est toujours aussi hyperactif. Rencontre avec un homme pris dans le tourbillon d'une vie dédiée à l'art. ( La Grande table, 28 min)

Une plume en colère. Toni Morrison fêtait il y a quelques jours les 25 ans de son prix Nobel de littérature, dont elle reste à ce jour la seule femme noire lauréate. L’écrivaine puise dans l’histoire de sa famille, venue du Sud des États-Unis à l’époque de la Grande Migration, pour raconter l’Amérique de la ségrégation. ( La Compagnie des auteurs, 4 x 58 min)

LA CITATION

Cette semaine, les mots de Kamel Daoud, invité de La Grande table pour évoquer “Le Peintre dévorant la femme”, un nouvel essai dans lequel il propose une réflexion sur la représentation des femmes chez Picasso et sur notre rapport à l’art. 

On ne consomme jamais une œuvre d’art, un roman, une peinture, une musique, autrement que dans l’immédiateté de sa propre vie. L’art, c’est un rapport d’immédiateté, il est dans la présence de maintenant – sauf si on le regarde avec l’œil d’un historien. [...] Je pense qu’on est conditionné aussi par sa propre vie, sa culture, l’état de son corps, ses fatigues, ses insomnies. Ce qui fait toute la fascination qu’apporte l’art, c’est qu’on le consomme tout le temps, mais différemment. C’est ce qui fait sa persistance, son éternité.

Et si vous avez prévu de profiter de la rétrospective Sergio Leone à la Cinémathèque à Paris ce week-end, n’oubliez pas d’aller (ré)écouter cette archive où le maître du western raconte cinquante ans d’amitié avec son compositeur Ennio Morricone. Très bon week-end et à la semaine prochaine.