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Parti socialiste : paroles d'ex militants

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Ils y ont cru et se sont investis mais ont plus ou moins vite déchanté. Ils nous ont raconté leur histoire et confié leur constat actuel. Ces trois entretiens ont été réalisés avant le Congrès de Reims.Un Parisien dégoûté des partis

Ancien militant socialiste
Ancien militant socialiste
© Radio France - Eric Chaverou

Eric Chaverou © Radio France

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Matthieu a 36 ans. Il s'est intéressé à la politique assez jeune en gravitant autour d'organisations d'extrême gauche "type JCR". Colleur d'affiche à ses heures libres entre 16 et 18 ans, il était "plus compagnon de route, sans jamais adhérer réellement". Puis, il s'en détache et "pendant longtemps j'ai même absolument pas voté".

Son travail lié à l'actualité va l'en rapprocher à nouveau, mais une longue réflexion et la tradition familiale vont lui faire franchir le pas de la carte :


Encouragé par la facilité de l'adhésion par internet , Matthieu va très vite passer du virtuel au réel, pour "une expérience assez moyenne, si ce n'est l'afflux de nouveaux militants et "l'énergie de gens qui n'avaient jamais fait de politique" :


Matthieu a été agréablement surpris par les primaires vécues de l'intérieur et "ce que l'on peut quand même assimiler à un processus démocratique". Puis, sans du tout qu'elle soit sa candidate, il suivi "l'élan" généré par Ségolène Royal. Mais c'est le retournement et les critiques au lendemain du second tour qui l'ont fait se dire "c'est vraiment pas pour moi, j'ai pas le cuir" ou j'ai pas assez l'impression qu'on peut changer la vie en faisant ça" :


Un Girondin passé au Modem

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© Radio France - Eric Bareyt

© Eric Bareyt

Consultant dans le management et le développement personnel, Éric Bareyt a 47 ans. Marié et père de 4 enfants, ce Girondin était très impliqué dans la vie associative, notamment culturelle et sportive, depuis le lycée.

La présidentielle de 2002 est pour lui un déclencheur : "La présence du Front national au second tour, c'était juste pas possible". Il prend donc sa carte au PS, sans que l'argument des 20 euros ne fasse pencher la balance :


Pour fédérer d'autres nouveaux adhérents, s'affirmer comme militants et répondre à une certaine "stigmatisation", Éric Bareyt créé même un site baptisé vingteuros.com , dont il raconte l'histoire et dresse le bilan humain et politique :


Aujourd'hui, Éric Bareyt n'a pas abandonné la politique mais a choisi une "autre voie", celle du Modem. Désabusé par les guerres de personne , en particulier à la veille de ce 75e Congrès, et séduit par François Bayrou, qui a "mis en accord ses idées et ses actes", quitte à le "payer cash". Avec "un divorce définitif" du PS, qui "d'un autre côté n'existe plus et qui va juste l'apprendre à Reims" :


3 ans militante face à un 'statu quo, voire une aggravation de la situation'

Nouveau Parti socialiste
Nouveau Parti socialiste
© Radio France

Les promesses qui avaient séduit Jennifer © Radio France

Jennifer a 34 ans et a commencé à militer au PS en 2004. C’est l’élan de la victoire aux Européennes qui lui a fait sauté le pas , dans la perspective aussi de la présidentielle.

A l’époque, pas de cotisation à 20 euros et un entretien de motivation pour entrer dans le parti :


Soucieuse d’une évolution à gauche du PS et de sa refondation, Jennifer se rapproche du NPS, le nouveau Parti socialiste , mené à l’époque par Arnaud Montebourg. Mais cela ne l’empêche pas de militer assez activement pendant la campagne présidentielle pour celle qui n’était pas sa favorite. Aux côtés de militants à 20 euros dont elle doute aujourd’hui :


Après l'élection de Nicolas Sarkozy, Jennifer s'est vite démotivée face à un parti qui ne représentait plus ses idées. Et sa vie familiale lui permettait moins de s'engager . A l'avenir, elle continuera "à voter socialiste de toutes façons parce que c'est un peu ancré en moi, mais je suis quand même désillusionnée et j'ai bien peur que l'avenir de la gauche ne se joue plus au sein du Parti socialiste". Un PS embourbé selon elle :