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Peuples autochtones : le Canada ouvre une enquête nationale sur les femmes disparues ou assassinées

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Panneaux posés durant la table ronde sur les femmes autochtones disparues et assassinées
Panneaux posés durant la table ronde sur les femmes autochtones disparues et assassinées
© Reuters - Chris Wattie

Victimes d'un génocide culturel aux XIXe et XXe siècles, les peuples autochtones sont encore aujourd'hui victimes de violences. Dans le cadre d'un processus de réconciliation, le Canada lance une Commission d'enquête nationale.

Des centaines de meurtres et disparitions de femmes autochtones au Canada ont eu lieu au cours des trois dernières décennies. C'est l'objet d'une grande d' enquête publique qui s'ouvre aujourd'hui au Canada.
Dirigée par une juge autochtone, Marion Buller, elle sera dotée d'un budget de 53,8 millions de dollars, et durera jusqu'au 31 décembre 2018.
Marion Buller-  devenue en 1994 la première femme d'origine autochtone à siéger à la Cour provinciale de la Colombie-Britannique - sera épaulée par quatre autres commissaires, dont trois femmes.

Cérémonie contre les meurtres de femmes autochtones
Cérémonie contre les meurtres de femmes autochtones
© AFP - ISABEL INCLÁN / NOTIMEX

Bien que les femmes autochtones forment 4 % de la population féminine du Canada, elles représentent 16 % des femmes assassinées au Canada entre 1980 et 2012. Elles sont trois fois plus susceptibles de signaler être victimes de violence que les femmes non autochtones, précise les autorités canadiennes. Cette enquête faisait partie des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.

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Examiner les causes des violences

Le mandat de la commission sera  
- D'examiner les causes qui contribuent à la violence faite aux femmes et aux filles autochtones et à leur grande vulnérabilité face à cette forme de violence en examinant les schémas de violence et les facteurs sous-jacents qui pourraient expliquer pourquoi les taux de violence augmentent, et rendre des comptes à cet égard." 
-De choisir quels facteurs sous-jacents elle examinera. Ils pourraient être d'ordre historique, socio-économique, institutionnel ou culturel. 
- D'examiner les répercussions des politiques et des pratiques des institutions gouvernementales. (comme le maintien de l'ordre, l'aide à l'enfance....) 
Un rapport provisoire contenant des recommandations à l'intention du gouvernement doit être remis avant le 1er novembre 2017, et un rapport final avant le 1er novembre 2018.

Réclamée depuis des années par les responsables autochtones, cette investigation avait toujours été refusée par le précédent gouvernement conservateur.   Elle s'inscrit dans le travail de Réconciliation initié par le gouvernement Trudeau.

Le Canada est résolu à accomplir une véritable réconciliation avec les Autochtones, et l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées constitue une étape importante en vue de mettre fin au taux inadmissible de violence faite aux femmes et aux filles autochtones.

Douloureuse réconciliation

Pendant plus de 100 ans, des années 1850 à l’an 1969, le Canada a pratiqué une politique « d’assimilation forcée » qui s’est avérée destructrice.  Nous avions consacré le magazine de la rédaction (22/04/2016) à " la douloureuse réconciliation"  pour laquelle a opté le gouvernement Trudeau.  Et cette tentative de panser (enfin) les plaies de ce « génocide culturel » dont le Canada vient d'être reconnu coupable.

Peuples autochtones du Canada : la douloureuse réconciliation

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De la fin du XIXe à 1996, 150.000 enfants amérindiens ont été envoyés de force dans des pensionnats de différentes églises. Plus de 4000 enfants y sont morts.