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Pierre Alechinsky : "Une peinture peut être lue comme une écriture"

 Pierre Alechinsky dans son atelier de Bougival, mai 2005.
Pierre Alechinsky dans son atelier de Bougival, mai 2005.
© Getty - Raphael GAILLARDE/Gamma-Rapho

1998. Quatrième acte de la semaine "A voix nue" consacrée à Pierre Alechinsky. Dans cet entretien, le peintre parle de la place de l'imprimerie dans son oeuvre, de son travail d'illustration et il décrit aussi ce qu'implique de peindre à deux avant de rendre hommage à ses peintres de prédilection.

Quatrième entretien de la série "A voix nue" avec le peintre Pierre Alechinsky qui parle de son travail autour de l'imprimerie ainsi que de l'amitié qu'il a nouée avec certains écrivains (Christian Dotremont, Michel Butor...). Cette activité lui offre des occasions de sortir aussi de son atelier, ce qui lui fait dire "mon bistrot, c'est l'imprimerie !"

J'aime beaucoup trouvé des solutions d'illustrations qui n'en seront pas non plus puisqu'on ne peut pas répéter, on ne peut pas faire une sorte de pléonasme images et phrases mais il y a moyen d'accompagner tout de même un texte et le mettre en situation.

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Pierre Alechinsky dans "A voix nue" 4/5, le 17/09/1998.

24 min

Pierre Alechinsky évoque ses collaborations avec d'autres peintres, comment ils travaillent à deux. L'action de peindre à deux rend le temps différent, plus rapide et "sans hésitations", "sans faiblesse" que l'on cherche à cacher à l'autre, car "c'est aussi une joute, c'est non seulement un duo mais un léger duel".

C'est une expérience tout à fait curieuse parce qu'on provoque un nouveau peintre, qui n'est ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre : c'est un troisième peintre, que ni l'un, ni l'autre ne connaît vraiment.

L'artiste convoque par la suite les peintres qu'il a admirés, notamment Bram Van Velde qu'il a côtoyé de nombreuses années et avec lequel il échangeait beaucoup ses avis sur les décisions à prendre dans l'acte de peindre, "c'est quelqu'un qui prenait sans arrêt des risques" explique-t-il.

Le ciel étoilé [du tableau "La mer Noire"], j'ai peint ça à la campagne et je me suis fait envoyer un pantographe et une carte du ciel et j'ai voulu faire un ciel tout à fait réel : ça ne donnait rien, ça avait l'air totalement artificiel. Alors j'ai badigeonné une nouvelle nuit sur le noir qui existait déjà, j'ai mis le tableau par terre, suis monté en haut d'une échelle avec un bol et un peu de peinture blanche et j'ai éclaboussé ce ciel. Et cet éclaboussement donne un résultat étoilé beaucoup plus réel, comme si chaque fois que Dieu avait besoin de faire des étoiles, il montait en haut d'une échelle et éclaboussait un peu l'univers.

En savoir plus : Proust plus que jamais

  • "A voix nue" 4/5
  • Première diffusion le 17/09/1998
  • Producteur : Jean Daive
  • Réalisation : Nicole Salerne
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France