Pixel artist : inspirations rétro, métier en devenir

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Pixel artist : inspirations rétro, métier en devenir

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Après l’engouement récent de la Pixel War sur Reddit, Haykira, un des seuls pixel artists français, raconte une pratique artistique aboutie. Héritée de l’esthétique des jeux vidéo des années 1980, elle défie la créativité en jouant avec les contraintes techniques.

Dessiner avec des pixels : un principe simple en apparence. Mais en transcendant les limites technologiques, le pixel art devient une pratique artistique aboutie. Concrètement, le pixel art consiste à dessiner en assemblant des pixels, l’unité de mesure de base de la définition d’une image numérique. En clair, c’est un peu le même principe que la mosaïque ou l’impressionnisme.

On travaille sur des grilles très petites, explique Hugo Mauger, derrière le pseudo de Haykira. Il y a une quantité finie, techniquement, de motifs qu'on peut faire. Mais justement, on peut essayer de trouver comment l’optimiser le plus possible. La créativité est, d’une certaine manière, catalysée par les contraintes.

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Dans cette création de Simon S. Andersen, issue du jeu “Owlboy”, on voit des effets d'ombre ou de relief élaborés.
Dans cette création de Simon S. Andersen, issue du jeu “Owlboy”, on voit des effets d'ombre ou de relief élaborés.
- Simon S. Andersen, “Owlboy”

Effets de perspective, d’ombre, de texture : certains redoublent de créativité pour donner du corps à leurs œuvres. Pour ça, Haykira n’a besoin que d’une logistique très simple : un clavier, une souris et un logiciel, Aseprite, sorte de Photoshop du pixel.

Pop culture, fantasy, science-fiction, cartoon, manga, gaming, la variété des inspirations du pixel art en fait un support éclectique.

L’interface du logiciel Aseprite qu’utilise Haykira pour ses créations.
L’interface du logiciel Aseprite qu’utilise Haykira pour ses créations.

À 23 ans, le graphiste toulousain est venu au pixel art par des jeux vidéo au style rétro. Par contrainte technologique, les jeux des années 1980 et 1990 utilisaient cette esthétique, qui est ensuite devenue un style vintage. 

Confidentiel en France, le pixel art rassemble une communauté plutôt anglo-saxonne. Il a pourtant suscité un engouement mondial récemment, lors de la Pixel war. Cette fresque participative a rassemblé pendant 4 jours des participants du monde entier, fédérés notamment par des streamers de Twitch. 

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La France s’y est illustrée en monopolisant un large coin réunissant un drapeau tricolore, un portrait de Zidane ou encore les Daft Punk. Haykira y est allé de sa petite fleur, en hommage à l'emblème du streamer Ponce.

Le “quartier français” de la Pixel War, rassemblant Thomat Pesquet, Zinédine Zidane ou les Daft Punk.
Le “quartier français” de la Pixel War, rassemblant Thomat Pesquet, Zinédine Zidane ou les Daft Punk.

Pour le plaisir, Haykira revisite les memes populaires avec lesquels il a grandi. Et pour en vivre, il répond à des commandes de motifs ou de personnages de jeux vidéo, d’avatars personnalisés ou d’en-têtes de comptes pour les réseaux sociaux.

Ce qui plaît le plus au pixel artist toulousain, “comme toute discipline artistique, c’est la liberté. On crée notre propre univers.C’est très satisfaisant de vraiment pouvoir contrôler tout l’aspect de l’image”