Publicité

Plus noir : Leonard Cohen est mort

Par
Leonard Cohen à Toronto en 1993
Leonard Cohen à Toronto en 1993
© Sipa - Alan Messer/Shutterstoc

On a appris dans la nuit la mort du musicien canadien Leonard Cohen à l'âge de 82 ans, quelques jours seulement après la sortie d'un nouvel album "You want it darker".

Une année décidément funeste pour toute une génération de "songwriters" anglophones : après David Bowie en début d'année, c'est maintenant le grand Leonard Cohen qui vient de disparaître à l'âge de 82 ans. Quelques jours seulement après l'attribution du Prix Nobel de Littérature à Bob Dylan dont certains estiment qu'il aurait pu tout à fait lui revenir…

So long, Leonard : les premières réactions à la mort de Leonard Cohen dans La Revue de presse internationale

Publicité

Né en 1934 à Montréal, Léonard Cohen fut d'abord homme de lettres, avant de se faire connaître dans le monde entier par ses chansons, sa voix grave… et par ses thèmes favoris : spiritualité, désir, solitude, rébellion… Un rapport torturé à la religion, pour ce fils de rabbin, juif pratiquant, ordonné moine bouddhiste et fasciné par ce qu'il appelait les "poèmes bibliques". Écoutez-le parler de ce rapport au spirituel, c'était à l'occasion de la sortie de son dernier album, "You want it Darker". Il répondait à Matthieu Culleron :

Leonard Cohen : "Le spirituel, c'est l'étude de la nature des choses. L'étude du sujet et de l'objet, de leur séparation et de la façon dont le sujet et l'objet sont réunis."

1 min

Leonard Cohen au Hammersmith Odeon, à Londres, en 1985
Leonard Cohen au Hammersmith Odeon, à Londres, en 1985
© Getty - Tom Sheehan. Collection : Sony Music Archive

Chroniqueur à France Info, Bertrand Dicale revient dans le journal d'Antoine Mercier sur la spiritualité de l'auteur de "Hallelujah", chanson qui serait la plus jouée dans les enterrements dans le monde anglo saxon :

Un passeur de transcendance, juif pratiquant qui a été moine bouddhiste et a signé "Hallelujah", repris par plus de 200 artistes

2 min

Leonard Cohen, "it's au revoir" : un bref retour sur le parcours du musicien dans l'Actualité musicale de ce vendredi 11 novembre

Son dernier album : "une boucle parfaite"

Ces derniers jours sur France Culture, nous vous présentions le dernier enregistrement testament de l'auteur de l'inoubliable "Suzanne". Intitulé "You want it darker", et dont les accents "noirs et lumineux" laissaient à penser qu'il s'agirait du dernier. Avec de multiples références à ses origines juives, et même une certaine drôlerie, disait Matthieu Conquet :

Leonard Cohen, plus noir, plus lumineux

5 min

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Le disque était également en discussion dans "La Dispute" du 27 octobre dernier.

Accueilli dans le monde par une avalanche de superlatifs, ce quatorzième album studio de Leonard Cohen était qualifié dans l'émission de "crépusculaire" par Hugo Cassavetti. "Déjà, on a une pochette plutôt de goût, et ce disque est incroyablement digne, honorable. C'est une boucle parfaite. On oublie à quel point quand on réécoute les premiers, il a une petite voix fraîche, alors que déjà on considérait qu'il avait une voix grave. Et là, il a cette voix où l'on se dit : mais jusqu'où va-t-il aller ?", expliquait notamment le critique de Télérama :

L'album "You want it darker" commenté fin octobre par Hugo Cassavetti (Télérama) et Christophe Conte (Les Inrocks) dans "La Dispute", d'Arnaud Laporte

13 min

A écouter aussi : l'évocation par Matthieu Conquet de son précédent album "Popular Problems"

Le grand "importateur" en France de Leonard Cohen, son traducteur, fut le chanteur auteur-compositeur-interprète français d'origine néo-zélandaise Graeme Allwright. Dans un "A voix nue" de février 2015 signé Victor Macé de Lépinay, il évoquait Leonard Cohen :

Les deux faces de Leonard Cohen racontées par son adapteur traducteur en français, le chanteur Graeme Allwright

9 min

"Il n'est pas toujours gai. J'ai passé des nuits entières à travailler, travailler, travailler, pour adapter un certain nombre de ses chansons, en commençant par l'Etranger, Suzanne bien sûr, et puis j'ai eu la chance quand il est passé en 73 à l'Olympia d'aller le voir dans sa loge, puis à son hôtel le lendemain matin. Il m'a raconté sa vie dans les choses les plus intimes. Et puis on s'est retrouvé plusieurs fois à Paris et au Canada. (…) Ce n'était pas facile de traduire ses chansons. Quelques fois c'est un équivalent. J'ai passé des nuits parfois bloqué sur une phrase. Vers 4 h du matin, je me couche, et je me lève le matin et je dis : Eurêka, j'ai trouvé !!!"

Graeme Allwright