Gilles Vigneault se produit sur la scène du TLP Dejazet à Paris, le 6 novembre 1987.  ©AFP - DANIEL JANIN
Gilles Vigneault se produit sur la scène du TLP Dejazet à Paris, le 6 novembre 1987. ©AFP - DANIEL JANIN
Gilles Vigneault se produit sur la scène du TLP Dejazet à Paris, le 6 novembre 1987. ©AFP - DANIEL JANIN
Publicité
Résumé

Deuxième émission en compagnie de Gilles Vigneault qui évoque l'enseignement reçu dans un collège religieux à la fois oppressant et humaniste, sa vocation de poète, sa relation au public sur scène.

En savoir plus

Pour ce deuxième opus d'"A voix nue", Gilles Vigneault raconte comment il a pu accéder à des études grâce à un évêque qui le fait entrer dans un collège religieux. Là, il y fait ses humanités pendant huit années, à la fin de sa formation il a décidé d'être poète. Déjà enfant, il inventait des mots sur les airs de chansons qu'il connaissait. Il explique que chez lui, il n'y avait "pas de livres, pas de bibliothèques". Alors, arrivé au collège, "une fringale s'est déclarée" et même le curé allait lui chercher des livres de poètes "en enfer" comme il se disait, là "où il y avait les livres interdits".

J'ai lu Corneille, Racine, Molière, les envolées du Cid et Britannicus, et Athalie et Les Plaideurs de Racine. Et alors là, ça a été une débandade, une folie. Je lisais des vers, j'écrivais des vers partout. J'en disais aux gens par cœur. J'ai appris "le Nez" de Cyrano évidemment par cœur à l'époque. Et puis j'en faisais une maladie. J'écrivais des vers partout, dans mes livres d'algèbre, dans mes livres de compositions latines. 

Publicité

Il aborde sa relation au public. Il la compare à une rencontre avec une personne "qu'on a hâte de connaître", alors point de trac pour lui. "On envoie des ondes dans la salle, on en reçoit, le public nous tient debout, nous tient en forme et nous tient en énergie". 

C'est très important que le public sente qu'on est capable de rire de soi et qu'on ne se prend pas pour Pavarotti quand on chante comme je chante. 

Cette façon de vibrer, d'échanger avec un public différent chaque soir c'est pour Gilles Vigneault l’occasion de modifier à la marge parfois les chansons qu'il a pourtant lui-même écrites. Cela lui fait dire que "ça n'est jamais satisfaisant", que l'on "repasse l'examen tous les soirs".

Tout le monde se considérait pauvres à Natashquan, alors qu'on était riches, tous riches de l'essentiel. Moi, je le dis souvent volontiers qu'à Québec, il y a tout ce que les milliardaires de ce monde cherchent et payent à prix d'or. Le silence. La paix. La nuit, on peut contempler la nuit constellée d'étoiles. On a la lune, le soleil, on a la neige et on a l'espace. Et puis on peut regarder au milieu du village à 360 degrés et on a l'horizon partout. On a du sable à perte de vue. La mer, l'infini de la mer en face et l'infini de la forêt derrière.  

Références

L'équipe

Daphné Abgrall
Collaboration
Sandrine Treiner
Coordination