Claude Ventura avec le bluesman Big Joe Williams sur le tournage de l'émission Pop 2 - Archives privées Claude Ventura
Claude Ventura avec le bluesman Big Joe Williams sur le tournage de l'émission Pop 2 - Archives privées Claude Ventura
Claude Ventura avec le bluesman Big Joe Williams sur le tournage de l'émission Pop 2 - Archives privées Claude Ventura
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Résumé

Dans ce troisième épisode, Claude Ventura évoque les émissions musicales qu’il a réalisées, Tous en scène, la mythique Pop 2 et Chorus, et particulièrement deux documentaires qui lui tiennent à cœur, sur Hank Williams et Johnny Hallyday.

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Claude Ventura revient d’abord sur mai 1968, vu du côté de l’ORTF : un reportage à Nanterre, où il passe à côté de Daniel Cohn-Bendit sans le filmer, les réalisateurs du studio des Buttes-Chaumont, tous communistes, et surtout son plaisir à photographier les manifestations.

Il raconte ensuite comment quatre assistants réalisateurs : Maurice Dugowson, Robert Bober, Pierre Desfons et lui se sont vu confier par Pierre Prévert une émission de variétés un peu folle, Tous en scène (1968-1970), sur la deuxième chaine, tournée « dans une espèce de temple de voiles en béton du côté du Kremlin-Bicêtre, avec des caravanes qui servaient de loges. » Une émission très mise en scène, où sévissaient notamment les Charlots, avec à chaque fois un thème. Le dernier fut « les scouts », et l’émission, diffusée un soir de Pâques, fit scandale jusqu’à la Chambre des Députés, ce qui leur valut à tous d’être virés pendant six mois.

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Filmer la musique

Il retourne à l’ORTF avec une autre émission musicale, Pop 2 (1970-1974), une émission présentée par Patrice Blanc-Francart (et son fameux « Bonjour, c’est Pop 2 »), restée mythique pour beaucoup de jeunes gens de l’époque, qui y ont découvert le rock, le samedi en fin d’après-midi. L’émission était conçue comme un magazine, inspiré de Rolling Stones, avec une succession de sujets, qui se terminaient par 25 minutes de musique live. D’abord filmés à la taverne de l’Olympia (qu’il a fallu quitter quand les techniciens sont devenus malades après un concert particulièrement bruyant de Deep Purple), les concerts se sont déplacés au Bataclan. Il développe alors une façon inédite de filmer la musique : « de côté, alors qu’auparavant c’était toujours de face. » Y sont passés, dans les plus mémorables, Captain Beefheart, Roxy Music, le Velvet Underground, reformé pour l’occasion, et les MC5, dont le concert s’est achevé en bagarre générale.

Plus tard, Claude Ventura filmera Johnny Hallyday en tournée (Johnny Hallyday, All Access 1995), abandonnant au bout de trois jours son équipe technique pour le suivre seul avec une des premières toutes petites caméras, en noir et blanc, une expérience très formatrice pour lui, qui lui a redonné goût au métier. Sa troisième émission musicale, Chorus (1982), qui a mis le pied à l’étrier à Antoine de Caunes, a été moins concluante pour lui, notamment parce qu’il fallait tourner en vidéo, alors qu’il préfère la pellicule. Il la quittera au bout d’un an et demi.

Fausses pistes

Il conclut en évoquant un de ses films les plus personnels, Hank Williams, vie et mort d’un Cadillac Cow-Boy, enquête sur la première rock star, morte mystérieusement à 29 ans le 1er janvier 1953. Tourné dans le sud des Etats-Unis, et principalement à Nashville, ça a été l’occasion pour lui d’aller à la recherche de ses clichés de l’Amérique. Un film qui prend la forme d’un vrai polar, avec un enquêteur et sa voix off. « Dans mes documentaires, j’ai presque tout le temps un enquêteur. J’ai besoin de ça. Ne serait-ce que pour affirmer que ce n’est pas vu par la caméra, c’est vu par un mec qui cherche. Ce n’est pas la caméra qui dit la vérité, c’est juste un mec qui peut se tromper. C’est pour ça que j’aime bien aussi les fausses pistes. » Il explique aussi sa façon de faire apparaître de la fiction dans le documentaire, notamment par l’utilisation du téléphone. Il salue à ce titre le travail d’Alex Lutz dans Guy, « hommage de la fiction au documentaire », et dévoile sa façon très instinctive de filmer, et de trouver la juste place de la caméra : « je fais des plans que les cadreurs n’oseraient pas faire ».

Générique

Une série d'entretiens produite par Antoine Guillot. Réalisation : Séverine Cassar. Attachée de production : Daphné Abgrall. Prise de son : Christophe Goudin. Coordination : Sandrine Treiner.

Filmographie

Télévision

1968-1970 : Tous en scène

1973 : Italiques

1974 : Extraits du journal de J.-H. Lartigue

1970-1974 : Pop2

1975 : La Vie filmée 1946-1954

1980 : John Lewis

1982-1991 : Cinéma, Cinémas, magazine TV

1982 : Chorus

1981 : Sonny Rollins

1995 : [Hank Williams, Vie et mort d'un Cadillac Cow-Boy](Hank Williams, vie et mort d'un Cadillac Cow-Boy)

1995 : Johnny Hallyday, All Access

1998 : Eddy Mitchell

1998 : Scott Fitzgerald, Retour à Babylone

1999 : Gina, Sophia et moi

2002 : La Femme de papier

2005 : Guy Peellaert, l’art et la manière

2006 : Jacques Monory

Documentaires

1993 : Chambre 12, Hôtel de Suède

1988 : À la recherche de la couleur perdue

2000 : En quête des sœurs Papin

2013 : Les Garçons de Rollin

2016 : Fitzgerald - Hemingway, une question de taille (série télévisée Duels)