Claude Ventura, Marcel Bluwal et Michel Piccoli sur le tournage de 'Dom Juan ou le Festin de Pierre', film de Marcel Bluwal (1965) - Archives privées Claude Ventura
Claude Ventura, Marcel Bluwal et Michel Piccoli sur le tournage de 'Dom Juan ou le Festin de Pierre', film de Marcel Bluwal (1965) - Archives privées Claude Ventura
Claude Ventura, Marcel Bluwal et Michel Piccoli sur le tournage de 'Dom Juan ou le Festin de Pierre', film de Marcel Bluwal (1965) - Archives privées Claude Ventura
Publicité
Résumé

Dans ce deuxième épisode, Claude Ventura raconte ses débuts à la télévision, comme assistant de Marcel Bluwal, puis réalisateur à part entière, et en profite pour livrer quelques réflexions sur le documentaire, et la place de la culture sur le petit écran.

En savoir plus

Claude Ventura commence à travailler comme assistant à la télévision scolaire, où il s’ennuie copieusement. Par une amie comédienne, Clotilde Joano, il apprend que Marcel Bluwal cherche un assistant, et c’est sur son téléfilm Le scieur de long, en 1963, avec Jean Rochefort, Georges Géret et donc Clotilde Joano, qu’il commence véritablement sa carrière à la télévision auprès de ce personnage incroyable qu’était Bluwal. Il reste son assistant pendant 4 ans, et participe ainsi au tournage du célèbre Dom Juan, avec Michel Piccoli et Claude Brasseur. Un vrai tournage cinématographique, en 35 mm, mieux même que le cinéma, puisqu’il y avait deux mois de préparation, deux mois de tournage et deux mois de post-production. Marcel Bluwal produisait parallèlement une émission musicale, Initiation à la musique, avec le critique musical du Figaro, Bernard Gavoty, qui se tournait à la Maison de la Radio. Bluwal le charge un jour de filmer lui-même, et c’est un Claude Ventura « mort de trouille » qui fait ses premiers pas de réalisateur à la télévision, en filmant Arthur Rubinstein, Yehudi Menuhin et Boris Christoff.

Jamais sans son Leica !

Il participe dans ces années-là à d’autres émissions comme Panorama, Cinq colonnes à la une, ou Tel quel. Mais ce n’est pas lui qui choisit les sujets, ce sont les producteurs. Il se retrouve donc à filmer ce qu’on lui propose, comme la tournée légendaire des All Blacks en 1967, alors qu’il ignorait tout du rugby. Il commence parallèlement, à partir de 1965, à tenir une sorte de journal photographique avec un Leica, qui documente aussi bien ses nombreuses rencontres, les festivals où il se rend, que les manifestations et réunions syndicales de l’ORTF. Une mine pour qui voudrait s’y intéresser !

Publicité

Dans ces années-là, il s’agit pour lui de reportage, et pas encore de documentaire. Même s’il a beaucoup de respect pour ceux qui font du reportage, ce n’est pas son truc. « Le reportage est censé dire la vérité, alors que dans le documentaire, on a le droit de dire sa vérité, son regard. On n'est ni des historiens, ni des journalistes. On est des cinéastes. »

"Ce qui compte, c'est le regard du cinéaste"

Il explique aussi comment il s’y prend pour filmer des artistes, des faiseurs d’images comme le photographe Jacques Henri Lartigue. « Le mieux, c’est de les filmer en train de travailler », ce dont il se souviendra pour certains sujets fameux de Cinéma, Cinémas, comme celui sur le tournage de Police de Maurice Pialat. Il déplore le manque de confiance et de courage des réalisateurs actuels de documentaires à la télévision, qui se sentent obligés de faire intervenir des historiens (quand il en voit un apparaître, il change de chaîne) ou de faire des reconstitutions. Il salue cependant le travail de Ruth Silberman, Mosco Boucault ou Jérôme Prieur. Un formatage qui est dû aux interventions des directions de chaînes, alors qu’à son époque, personne ne venait en salle de montage. L’apparition des producteurs privés a également beaucoup changé les choses.

Même s’il a été bien content qu’elle existe et le fasse travailler, le principe même d’une chaîne comme Arte, dédiée à la culture, lui pose problème : la culture doit être partout, au milieu du flot d’images d’une chaîne de télévision. Et c’est ce qui était bien avec Cinéma, Cinémas, qui passait sur une chaîne généraliste. D’où ses génériques toujours très longs, pour bien se laver la tête des images précédentes.

Générique

Une série d'entretiens produite par Antoine Guillot. Réalisation : Séverine Cassar. Attachée de production : Daphné Abgrall. Prise de son : Christophe Goudin. Coordination : Sandrine Treiner.

À écouter aussi : Marcel Bluwal, le téléaste

Filmographie

Télévision

1968-1970 : Tous en scène

1973 : Italiques

1974 : Extraits du journal de J.-H. Lartigue

1970-1974 : Pop2

1975 : La Vie filmée 1946-1954

1980 : John Lewis

1982-1991 : Cinéma, Cinémas, magazine TV

1982 : Chorus

1981 : Sonny Rollins

1995 : Hank Williams, Vie et mort d'un Cadillac Cow-Boy

1995 : Johnny Hallyday, All Access

1998 : Eddy Mitchell

1998 : Scott Fitzgerald, Retour à Babylone

1999 : Gina, Sophia et moi

2002 : La Femme de papier

2005 : Guy Peellaert, l’art et la manière

2006 : Jacques Monory

Documentaires

1993 : Chambre 12, Hôtel de Suède

1988 : À la recherche de la couleur perdue

2013 : Les Garçons de Rollin

2016 : Fitzgerald - Hemingway, une question de taille (série télévisée Duels)

2000 : En quête des sœurs Papin

Références

L'équipe

Antoine Lachand
Antoine Lachand
Antoine Guillot
Production
Sandrine Treiner
Coordination
Daphné Abgrall
Collaboration