Claude Lorius
Claude Lorius ©Radio France - Anne Sécheret
Claude Lorius ©Radio France - Anne Sécheret
Claude Lorius ©Radio France - Anne Sécheret
Publicité

Première partie d'"A voix nue" avec Claude Lorius, acteur majeur de la science du climat au 20ème siècle. Il se souvient de sa première expédition en Terre Adélie en 1957 alors âgé de 25 ans. Il évoque la compagnie des manchots empereurs et la découverte inimaginable de l'immensité blanche.

Avec

Le glaciologue Claude Lorius était l'invité d'"A voix nue" en 2012, il raconte dans ce premier entretien comment son "intuition" que les bulles d'air emprisonnées dans de la glace contiennent des informations et soient "des témoins de l'atmosphère du passé", comment donc cette intuition lui est venue en regardant tout simplement un glaçon dans un verre de whisky. Mais après, précise-t-il, "il faut une dizaine d'années pour montrer que l'intuition est bonne et réelle".

C'est en 1955, après avoir répondu à une petite annonce pour étudiant en mal d'aventure, qu'il accepte la proposition de partir un an, isolé, dans une base scientifique sur le continent antarctique. Il a alors 22 ans et part en formation au Groenland sur une base américaine car il avait tout à apprendre de la glaciologie.

Publicité

Parmi les tests, il y a les tests physiques. On nous enlève les dents de sagesse et l'appendice puisqu'il n'y aura pas de docteur.

Il parvient en Terre Adélie la veille de Noël, "on arrive et devant soi on a du blanc à l'infini", et d'ajouter "c'est un monde que je ne soupçonnais pas". Il observe alors avec grand intérêt la vie sociale des manchots empereurs.

Le manchot, c'est le seul être vivant qu'on va voir pendant des mois et des mois, c'est symboliquement important. Les présences sont importantes, d'autant plus qu'elles sont rares.

L'Antarctique est un continent, ce n'est pas un océan de glace contrairement à l'Arctique, précise Claude Lorius. "On n'a pas l'impression, quand on arrive en tout cas, que cette calotte polaire est tellement fragile. On voit qu'elle est solidement implantée", reconnait-il. Il y a un relief sous-glaciaire impressionnant, à l'origine de la formation des icebergs. Son expédition devait permettre de monter une nouvelle station, la base Charcot, non plus côtière comme celle de Dumont D'Urville mais à l'intérieur des terres, à 350 kilomètres, près du pôle géomagnétique.

En partant pour la station Charcot, on savait que personne ne viendrait nous chercher. Ce n'est plus comme ça.

L'Antarctique était le seul continent pratiquement inconnu.

Par Stéphane Deligeorges, avec la collaboration de Claire Poinsignon. Réalisation : Anne Sécheret. Prise de son : Chantal Nouvelot.

L'équipe