François Besse, Mardi gras, 1955
François Besse, Mardi gras, 1955
François Besse, Mardi gras, 1955 - Archives privées François Besse
François Besse, Mardi gras, 1955 - Archives privées François Besse
François Besse, Mardi gras, 1955 - Archives privées François Besse
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Résumé

Le père de François Besse est un réfugié espagnol, qui peut se montrer autoritaire et violent, sa mère, femme de ménage, est aimante et lui donne le goût de la vie. Mais à l’école, il fait partie du « groupe du fond ».

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François Besse.

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Le père de François Besse est un réfugié espagnol, qui peut se montrer autoritaire et violent : « Je ne me souviens pas d’un seul geste de tendresse de la part de mon père ». Sa mère, femme de ménage, est aimante et lui donne le goût de la vie. Mais à l’école, il fait partie du « groupe du fond ». Il a besoin d’ailleurs : « Ma première évasion a eu lieu à 17 ans, dira-t-il. De chez moi, de chez mon père ».

J'avais besoin d'un regard encourageant de mon père. J'avais besoin d'échanges, de reconnaissance.

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Ici ou là, on lit que François Besse serait né de père inconnu, mais c’est faux. Son père était un réfugié espagnol,   électricien de profession, qui avait dû fuir l’Espagne après avoir combattu les franquistes. Il avait laissé une famille de l’autre côté des Pyrénées. Besse est le nom de jeune fille de la mère de François. Celle-ci avait été préalablement mariée à un réfugié serbe, dont elle avait eu deux enfants, qui était mort dans des circonstances tragiques quelques années avant la naissance.

François Besse au premier rang, le huitième en partant de la gauche. Ecole primaire de Cagouillet, 1955
François Besse au premier rang, le huitième en partant de la gauche. Ecole primaire de Cagouillet, 1955
- Archives privées François Besse

"J'avais besoin de créer, de produire, d'explorer"

À l’école, François Besse se montre doué pour le calcul mental et il apprend par cœur sans difficultés les fables de La Fontaine et les grandes dates de l’histoire de France, mais « cela ne le reliait à rien ». Lui voulait non pas réciter, mais explorer, découvrir, comprendre.

L'école était un rituel, il fallait que j'aille à l'école mais aussitôt que je pouvais prendre un instant de liberté, je le prenais alors dans mon imagination. 

Ses relations avec son père, sans être mauvaises, ne sont pas épanouissantes : le jeune François ne se sent jamais gratifié, n’est jamais remercié. La décapitation par son père d’un coq  qui chantait un peu trop fort à l’heure des informations radiophoniques le traumatise. Pourquoi une telle violence ?

C'était très violent, je me suis dit si c'est comme ça qu'on règle les problèmes, c'est grave. Et je me suis mis d'une façon inconsciente à mettre de la distance avec mon père. 

À dix-sept ans, François Besse commet un menu larcin qu’on peut qualifier d’«opportuniste ». Son père finira par en être informé. L’adolescent doit partir. Ce sera sa première évasion, chez sa demi-sœur, à Strasbourg, où il travaille à la chaîne dans une usine où l’on fabrique des sièges pour automobiles. Mais est-il seulement envisageable de rester enchaîné à une chaîne ?

Une série d'entretiens produite par Etienne Klein, réalisée par Delphine Lemer. Prise de son: Yann Fressy. Attachée de production : Daphné Abgrall.  Coordination : Sandrine Treiner.
 

Bibliographie

Références

L'équipe

Etienne Klein
Production
Daphné Abgrall
Collaboration
Sandrine Treiner
Coordination