Guy Bedos le 4 décembre 2006 à Strasbourg.
Guy Bedos le 4 décembre 2006 à Strasbourg. ©AFP - Frédérick Florin
Guy Bedos le 4 décembre 2006 à Strasbourg. ©AFP - Frédérick Florin
Guy Bedos le 4 décembre 2006 à Strasbourg. ©AFP - Frédérick Florin
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Premier volet de la série "A voix nue" consacrée au comédien Guy Bedos. Aujourd'hui, il évoque son enfance dans l'Algérie coloniale qu'il a quittée à l'âge de 16 ans, son milieu familial raciste, son rapport compliqué avec sa mère et son attachement indéfectible à son pays natal.

Avec
  • Guy Bedos humoriste, artiste de music-hall, acteur et scénariste français

Né le 15 juin 1934 à Alger, Guy Bedos grandit dans la ville de Souk Ahras « La protégée des Lions » dans l’Algérie coloniale. L’enfant se construit contre sa propre famille pied-noir qui tente de l’élever dans la haine de l’arabe et du juif. Guy Bedos raconte sa mère sans amour, un beau père brutal, le fantôme du père commis voyageur, l’institutrice algérienne Finouche qui devient sa « maman de la tolérance  », ses Mémoires d’outre-mère (Stock, 2005). L’enfant de personne qui se dit « rescapé de sa jeunesse »  connait ses premiers chocs politiques dans cette Algérie Française où il se sent Algérien.

Ce premier entretien d' "A voix nue", Guy Bedos le commence en regardant les photos affichées dans son bureau, il remarque que la plupart des personnes sont décédées. "J'ai beaucoup de mal avec le deuil, reconnaît-il, j'ai des deuils très violents, discrets mais très forts et très longs."

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Il évoque son enfance en Algérie avec un beau-père qu'il n'aimait pas et qui ne l'aimait pas, ayant des opinions racistes et antisémites : "Je me suis construit absolument contre ce que j'ai subi." De son père qu'il a peu vu, il dira : "C'était un type sympathique, pas fascinant et je m'étais tellement habitué à son absence que sa présence m'était un peu indifférente sur le tard."

Je suis l'enfant de tout ça et je n'ai jamais tué l'enfant que j'ai été, même à mon grand âge. J'ai un regard qui est à peu près le même que celui que j'avais quand j'avais huit ans.

Quand il avait 16 ans, sa famille quitte l'Algérie. "C'est mon pays pour toujours, je suis attaché à ce pays", confie-t-il. Encore maintenant, en Algérie, "on me parle de la guerre que je n'ai pas faite [il s'est fait réformé], c'est resté dans l'esprit des Algériens".

Moi, j'étais un Algérien mais mes parents ne l'étaient pas. Je n'avais pas le droit de recevoir mes amis algériens chez moi. On ne mangeait pas de couscous, on mangeait de la daube. On était raciste jusque dans les menus. J'ai découvert le couscous et certains plats algériens lorsqu'enfin on a décidé de me mettre en pension au lycée de Bône (Annaba).

L'équipe

Laurence Garcia
Laurence Garcia
Laurence Garcia
Production
Claire Poinsignon
Collaboration
Sandrine Treiner
Coordination