Marie-José Malis présente sa création "On ne sait comment" d'après une pièce inachevée de Luigi Pirandello
Marie-José Malis présente sa création "On ne sait comment" d'après une pièce inachevée de Luigi Pirandello -  Cie La Llevatina, 2011
Marie-José Malis présente sa création "On ne sait comment" d'après une pièce inachevée de Luigi Pirandello - Cie La Llevatina, 2011
Marie-José Malis présente sa création "On ne sait comment" d'après une pièce inachevée de Luigi Pirandello - Cie La Llevatina, 2011
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Après l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, après "les années du Sud", après les rencontres, après La Llevantina, sa compagnie, et après ses premières créations… en 2011, Marie-José Malis décide de tout suspendre pour partir à New York.

Avec

Pourquoi le théâtre plutôt que la littérature ? Pourquoi la mise en scène plutôt que l'écriture ? Répondant à ces questions dans le troisième entretien de son "À voix nue_", Marie-José Malis nous parle d' Hölderlin à New York,_ le premier roman qu'elle a publié en 2019 ; un roman sinon autobiographique, mais pour le moins nourri de sa propre expérience. 

"Ce personnage était l'état de ma colère"

Le roman me permettait d'inventer des personnages comme des figures mythiques avec lesquelles je pouvais discuter.

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Elle y refaisait son propre parcours durant lequel, dit-elle, "New York a été un moment de grâce". Des lignes de ce roman émerge une figure particulièrement marquante, Mr Emeritt-Flow, un personnage aussi terrifiant que séduisant, sur lequel il fallait s'arrêter. Qui est-il ce très riche vieillard américain qu'affronte l'héroïne de ce roman ? Héroïne qui elle ressemble peut-être bien à Marie-José Malis. Au fond, réel ou fictif, qu'incarne-t-il Emeritt-Flow dans la très féroce confrontation USA/Europe qui se joue entre eux deux ? 

Le personnage d'Emeritt-Flow me contredit dans ma vision romantique de la pauvreté, il était une voix de moi qui dénonçait la facilité de mes idées. (...) Il y oppose une sagesse pragmatique, disant que des gens comme moi sont des apprentis sorciers qui promettent une révolution désastreuse.

Auteur donc, mais avant tout metteur en scène, Marie-José Malis nous parle des écrivains, des dramaturges qui sont ses repères, avec au premier rang d'entre eux Hölderlin et Pirandello.

Hölderlin dit qu'il ne faut surtout pas passer en force sur les êtres et qu'une solution qui a l'air belle et juste et qui serait imposée serait coupable.

"Les auteurs de théâtre sont des aventuriers de l'esprit"

Marie-José Malis nous dit ce qui détermine son attrait pour une pièce, pour un texte, pour un auteur, qu'elle choisira de monter. 

Souvent le théâtre est un endroit où l'on fait des hypothèses sur l'humanité.

Ce sont souvent des œuvres théâtrales qui sont écrites au moment de grandes mutations, de grandes crises où le schéma ancien est tombé. (...) Quelque chose qui nous sauve du nihilisme.

Elle nous dit le chemin du texte à la voix du comédien. Intellectuelle du théâtre, elle nous dit aussi le chemin de la théorie à la pratique du théâtre. Mais le texte, les mots sont-ils encore les meilleurs vecteurs pour exprimer le réel d'aujourd'hui ? Les corps, les gestes ne seraient-ils pas devenus plus aptes à "parler" que les mots ?   

Pour ce qui est du théâtre de textes, c'est dans la lettre que se cache la vérité, la jouissance et la portée politique de ce qui est dit. (...) Ce n'est pas l'image du mot, c'est le mot avec ce qu'il charrie de possibilités de penser.

Une série d'entretiens proposée par Albane Penaranda. Réalisation : Guillaume Baldy. Prise de son : Yann Fressy. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Liens

Bibliographie

Marie-José Malis, Hölderlin à New York, Editions du Cerf, 2019.  

Marie-José Malis, Changer le monde par le théâtre, entretien réalisé par Laure Adler, Editions universitaires d'Avignon, 2016.

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