Vue de l'assemblée générale d'information qui s'est tenue à la faculté de Vincennes le 10 décembre 1968, quelques mois après l'ouverture de ce "centre expérimental". ©AFP - AFP
Vue de l'assemblée générale d'information qui s'est tenue à la faculté de Vincennes le 10 décembre 1968, quelques mois après l'ouverture de ce "centre expérimental". ©AFP - AFP
Vue de l'assemblée générale d'information qui s'est tenue à la faculté de Vincennes le 10 décembre 1968, quelques mois après l'ouverture de ce "centre expérimental". ©AFP - AFP
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Résumé

Nous vous proposons un parcours dans l'itinéraire intellectuel du grand historien qu'est Michel Winock, à travers les lieux qui ont marqué sa vie. Dans cet épisode, il raconte son expérience à l'université expérimentale de Vincennes, créée juste après Mai 68.

avec :

Michel Winock (Historien, spécialiste de l’histoire de la République française et des mouvements intellectuels contemporains).

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Décrite par l'historien comme "l'abcès de fixation du gauchisme français", l’université de Vincennes a été marquée par une forte "hyperpolitisation" de tout. Elle abritait des débats quotidiens entre "gauchistes" et communistes, à une époque où l'idéologie dominante était le marxisme. Mais cette politisation à l'extrême se traduisait aussi par une volonté de détruire, et Winock raconte ici la détérioration des lieux à laquelle il a dû faire face, avouant d'un ton souriant :

Ça ne créait pas vraiment un climat d'études très favorable.

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26 min

Pourtant, ces années à l'Université de Vincennes ont été pour l'ancien professeur de lycée qu'est Michel Winock une expérience "passionnante", un "mélange constructif" d'idées, d'âges, de nationalités, qu'il évoque encore aujourd'hui avec émotion, presque nostalgie :

Lorsque vous avez le sentiment d'avoir fait passer quelque chose qui enrichisse leurs idées, qui atteigne leurs préjugés et présupposés, et quand vous voyez les aînés vous serrer la main et vous remercier, c'est l'émerveillement.

Michel Winock s'est ainsi énormément investi dans cette université. Une implication qui peut en partie expliquer le fait qu'il n'ait jamais soutenu sa thèse sur l'allemanisme, même si ce non-aboutissement est surtout lié, de manière plus générale, à la curiosité intellectuelle insatiable qui caractérise l'historien, et le pousse à ouvrir sans cesse de nouveaux chantiers, sans forcément les mener à terme. 

Par Emmanuel Laurentin. Réalisation : Anne Secheret. Prise de son : Yves Le Hors.