Jacqueline Duhême en 2008.
Jacqueline Duhême en 2008. - Sylvain Stricanne via Flickr
Jacqueline Duhême en 2008. - Sylvain Stricanne via Flickr
Jacqueline Duhême en 2008. - Sylvain Stricanne via Flickr
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Jacqueline Duhême se raconte dans "A voix nue". A 88 ans, elle se souvient de ses rencontres avec Paul Eluard quand elle en avait 19 et l'année suivante avec Henri Matisse pour qui elle devint son aide d'atelier.

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Dans ce deuxième entretien, Jacqueline Duhême continue le récit de sa jeunesse. A onze ans, elle est installée à Clermont-Ferrand chez une tante. Grâce à une "merveilleuse" institutrice, elle rattrape tout son retard scolaire. Mais elle pense en garder encore des stigmates, "c'est pour ça, dit-elle, que j'ai des lacunes encore, que je fais d'énormes fautes et que je ne sais pas compter." L'année suivante, elle est inscrite à l'Ecole des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand : "Je n'ai jamais quitté le dessin, dès que j'ai pu tenir un crayon!__"

Juste après la guerre, à 19 ans, elle rencontre Paul Eluard lors d'une dédicace organisée par le Parti Communiste. Suite à un quiproquo, elle finit par aller dîner avec lui, "ça me plaisait. J'étais en extase, j'étais fascinée, émerveillée. J'étais dans un autre monde, chez les anges..." Sa liaison avec Paul Eluard, qui avait la cinquantaine, a pu faire grincer des dents dans le milieu, mais pour elle c'était une grande passion. Elle dit : "Il choisissait ses mots, il ne parlait pas n'importe comment. Et ça, moi, j'étais fascinée. C'était un grand monsieur. Il était merveilleux."

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L'année suivante, en convalescence dans le Midi, Jacqueline Duhême voit Matisse dans les jardins de Nice. Elle lui écrit une lettre pour lui demander des conseils dans sa pratique du dessin. Amusé par sa personnalité, Matisse la prend avec lui comme aide d'atelier. Il fallait lui préparer le matériel pour le travail de peinture, le mélange des couleurs, pour engouacher ses papiers. Elle dit de lui qu'il avait "une volonté de sa couleur", il savait ce qu'il voulait. En dehors de ses horaires de travail, Jacqueline Duhême pouvait travailler le dessin pour elle. Elle bénéficiait alors des conseils avisés de Matisse, ses critiques étaient "précieuses".

25 min

Par Aline Pailler. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. Attachée de production : Claire Poinsignon.