Jacques Rancière, philosophe
Jacques Rancière, philosophe ©Radio France - Sylvain Bourmeau
Jacques Rancière, philosophe ©Radio France - Sylvain Bourmeau
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Premier temps avec le philosophe Jacques Rancière qui raconte comment il est passé des discours marxistes théoriques aux témoignages des ouvriers du XIXe siècle, textes qui lui ont apporté une énergie follement positive à l'encontre du ressentiment d'après 68 et de l'autocritique généralisée.

Avec
  • Jacques Rancière philosophe, professeur émérite à l'Université de Paris VIII (Saint-Denis)

Dans ce premier entretien, enregistré en 2011, de la série ''A voix nue'', le philosophe Jacques Rancière évoque son premier livre paru en 1974, La leçon d'Althusser. Pour lui, il s'agissait d'écrire "une sorte de critique de ce qu'[il] avai[t] pu être dans les années précédentes, à savoir un jeune philosophe marxiste armé de la science, se méfiant de tous ces jeunes gens agités qui baignaient dans l'idéologie. Entre-temps bien sûr il y avait eu mai 68. Ces jeunes gens avaient créé un mouvement que les gens armés de la théorie marxiste rigoureuse étaient incapables de créer. Ils avaient mis en évidence une sorte d'écart entre la pensée qui se voulait révolutionnaire et scientifique, et les formes effectives de la révolte. Un écart entre un marxisme académique qui prétendait être une leçon de politique et la réalité des processus d'émancipation''.

Après 1968, Jacques Rancière dans une volonté de sortir des discours théoriques sur la conscience de classe et le mouvement ouvrier, s'immerge dans les archives ouvrières des années 1830 -1840. Ces textes sur l'histoire ouvrière, sous forme de témoignages, deviennent "une pensée à l'œuvre" qui rompent avec toutes les catégories d'écrits. "J'ai été saisi par l'énergie de cette pensée". Il y trouve un désir de changement de société très fort qui lui a permis de sortir du ressentiment de l'après mai 68. Pour écrire La Nuit des prolétaires, il a pensé à la structure du livre de Virginia Woolf, La Promenade au phare, en choisissant de mêler des voix.

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Puis Jacques Rancière nous fait part de sa conception de la vérité comme une façon de "sortir du consensus", il s'agit donc pour lui d'"une aventure personnelle intellectuelle".

Par Michel Vignard, une réalisation d'Isabelle Yhuel. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.