Gisèle Halimi en 1975
Gisèle Halimi en 1975
Gisèle Halimi en 1975 ©Getty - 	Gilbert UZAN
Gisèle Halimi en 1975 ©Getty - Gilbert UZAN
Gisèle Halimi en 1975 ©Getty - Gilbert UZAN
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Résumé

L'avocate féministe Gisèle Halimi raconte son enfance dans la Tunisie des années 1930 au sein d'un milieu judéo-arabe pauvre et colonisé dans lequel les femmes n'avaient aucun rôle.

avec :

Gisèle Halimi (Avocate et militante féministe).

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Gisèle Halimi est une figure du féminisme français, et plus précisément de la défense des femmes battues, violées, humiliées, dont elle fut l’avocate. Son nom est attaché au Procès de Bobigny de 1972, premier procès politique de l'avortement dans lequel les accusées deviennent les accusatrices d'une loi, celle de 1920 sur l'avortement. Il a lieu quelques mois après la parution du Manifeste des 343, que Gisèle Halimi a signé, et après la fondation de Choisir la cause des femmes, l'association qu'elle a fondée et qu'elle préside encore. Dans ces entretiens, il est question de son engagement, de son rapport à la politique, mais aussi de sa volonté de construire une vie, avec enfants et hommes. 

Gisèle Halimi est née en 1927 en Tunisie française, dans une famille pauvre, juive, dominée par l’ordre patriarcal, dans laquelle avoir une fille relevait d'une "malédiction", voire d'une "catastrophe"

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La fille, à l'époque, était une charge d'abord parce qu'économiquement, on ne la formait pas pour gagner sa vie : il n'était pas question d'indépendance économique. Ensuite, c'était un lourd fardeau à cause de tous les tabous sur la virginité, du fait qu'une fille sortant avec un garçon était "sale". Je suis née et j'ai grandi dans cet amoncellement de tabous concernant les filles. Très tôt, je me suis posé la question du pourquoi : pourquoi ces différences, pourquoi ces handicaps majeurs qui nous réduisaient par rapport aux hommes ? Posé la vraie question : qu'est-ce qu'on est ?

Gisèle Halimi insiste sur le fait qu'elle ne peut en vouloir à ses parents, qui ne faisaient que reproduire et transmettre ce qu'on leur avait appris, et qui lui ont par ailleurs toujours apporté tendresse et affection. Cependant, elle refuse d'elle-même reproduire ce schéma :

Mon premier réflexe, ma décision pour moi vitale a été de me dire : "Moi, jamais je ne demanderai d'argent, jamais je ne serai dépendante".

Elle a donc très tôt fait le nécessaire pour s’affranchir de ces dominations et de ces carcans, familiaux, religieux, masculins. Adolescente, elle gagne de quoi quitter sa terre natale et décide de rejoindre Paris en 1945, pour y étudier le droit. 

En savoir plus : Gisèle Halimi : de la révolte personnelle à la révolte collective

Par Virginie Bloch-Lainé. Réalisation : Dominique Costa. Prise de son : Laurent César et Laurent Macchietti. Attachée d'émission : Claire Poinsignon.