Louis-Ferdinand Céline en 1932, année où il obtint le prix Renaudot pour son roman "Le Voyage au bout de la nuit"
Louis-Ferdinand Céline en 1932, année où il obtint le prix Renaudot pour son roman "Le Voyage au bout de la nuit" - Agence de presse Meurisse/Bibliothèque nationale de France
Louis-Ferdinand Céline en 1932, année où il obtint le prix Renaudot pour son roman "Le Voyage au bout de la nuit" - Agence de presse Meurisse/Bibliothèque nationale de France
Louis-Ferdinand Céline en 1932, année où il obtint le prix Renaudot pour son roman "Le Voyage au bout de la nuit" - Agence de presse Meurisse/Bibliothèque nationale de France
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Cinquième et dernier volet d'une série à base d'archives consacrée à l'écrivain Louis-Ferdinand Céline. Il s'agit de la seconde partie de l'entretien enregistré en 1960 avec deux étudiants où l'écrivain controversé, fait assez rare, parle quasi exclusivement de littérature.

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Ce cinquième et dernier épisode est consacré à la suite de l'entretien réalisé au domicile de Louis-Ferdinand Céline le samedi 6 février 1960 - donc à l'extrême fin de la vie de l'écrivain, qui disparaît le 1er juillet 1961 - par des étudiants du centre audiovisuel de l'Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud, Jean Guénot et Jacques D’Arribehaude. Il s'agit du dernier entretien de Céline avant sa mort alors que sa réputation est entachée par son antisémitisme. En 1950, il a été condamné pour collaboration à une année d'emprisonnement.

Dans cet ultime entretien, l'écrivain parle quasi exclusivement de littérature. Du fait de sa misanthropie naturelle et de sa réticence à donner des entretiens, il est très rare de pouvoir entendre Louis-Ferdinand Céline donner son avis sur d'autres auteurs. Il passe ainsi en revue ses écrivains favoris dont Proust, un romancier "extraordinairement doué" mais dont l'homosexualité "fausse le jugement que l'on peut avoir sur lui". Puis il évoque Balzac, Stendhal, La Fontaine (dont il admire la capacité à tout dire "en très peu de mots" : "il n'y a rien à ajouter, c'est fait, c'est correct"), François Villon ("notre Shakespeare")... Ecrire pour Céline, " est un signe de maladie " et lui-même se décrit comme un " nerveux détraqué ".

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D'autre part, il dresse un tableau du paysage littéraire de son époque, cette fois beaucoup plus péjoratif. Il reproche notamment aux auteurs contemporains de se contenter de copier les anciens ("ça pompe"), et fait cette déclaration cinglante : "L'époque est morte".

Si cet entretien privé permet à Céline de sorte sortir de son rôle et de l'image qu'il a construit de lui-même, en donnant à voir une autre facette de sa personnalité, peut-être plus proche de la personne qu'il était au quotidien, le ton de son propos reste marqué par le virulent pessimisme qu'on lui connaît. L'écrivain confirme son "goût animal pour le retrait" et pour la "solitude absolue, totale".

Réalisé par Jean-Claude Loiseau. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Mixage de Marie Lepeintre. En partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France.

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