Gilles Vigneault, chanteur engagé, en concert à Montréal.  ©Getty - Patrick BOX/Gamma-Rapho
Gilles Vigneault, chanteur engagé, en concert à Montréal. ©Getty - Patrick BOX/Gamma-Rapho
Gilles Vigneault, chanteur engagé, en concert à Montréal. ©Getty - Patrick BOX/Gamma-Rapho
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Résumé

Quatrième temps d'"A voix nue" avec Gilles Vigneault. C'est un poète, un chanteur, mais son art chansonnier est inséparable du mouvement d'émancipation des Canadiens français du Québec, la Révolution tranquille. Il revient sur les troubles politiques des années 1960 et 1970.

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Dans ce quatrième entretien, Gilles Vigneault dit ne pas craindre de parler de politique dans ses chansons. Il évoque ainsi le mouvement d'émancipation qui a soufflé dès la fin des années 1950 au Québec et que l'on a appelé la Révolution tranquille, "__on sentait ce vent-là arriver. Un vent comme un vent de libération."

C'est bien joli d'écrire des poèmes dans sa petite chambre en rêvant d'être publié un jour et d'être célèbre et d'être lu, etc. et puis ne pas s'occuper des affaires de ce monde. Ça fait un peu monacal, mais tour d'ivoire aussi. Alors, j'ai commencé à m'intéresser tout de suite à tout.

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Il y a eu beaucoup plus qu'on ne croit d'influences venant de la poésie directement. La chanson, on m'a dit il n'y a pas longtemps que c'était un autoportrait. C'est un autoportrait, un miroir, un tout petit miroir qu'on a mis au service des autres. La chanson, c'est un petit miroir de poche où chacun peut se regarder et probablement se reconnaître s'il se regarde avec attention, puis il le remet dans sa poche parce qu'il l'a dans sa tête. Et il s'en va avec ça. Il peut se reconnaître souvent et se reconnaître, c'est le début de reconnaître l'autre, d'être capable de reconnaître l'autre dans le sens de l'accepter.  

Gilles Vigneault revient sur les événements de 1970, lorsque l'armée canadienne envahit le Québec. En 1976, le Parti Québécois arrive au pouvoir et vote des lois pour soutenir la francophonie mais ne va pas jusqu'à l'indépendance. "Je n'ai jamais eu ma carte du PQ. Je ne fais partie d'aucun parti, ce qui me laisse les coudées franches pour parler de ce que je veux." En tant que poète, il revendique cette liberté.

Les auteurs-compositeurs de chansons et les poètes ont continué de parler de liberté, de la réclamer et d'essayer d'expliquer au peuple de voter pour lui-même. Puis, on n'a pas réussi. Ce qu'il fallait, c'était l'éducation, l'éducation politique du peuple. Et ça, la preuve est faite qu'on n'a pas réussi encore.