Daniel Cordier Compagnon de la Libération, secrétaire de Jean Moulin, le 17 juin 2014, à Paris, France.
Daniel Cordier Compagnon de la Libération, secrétaire de Jean Moulin, le 17 juin 2014, à Paris, France. ©Getty - Jean-Luc PETIT-Gamma-Rapho
Daniel Cordier Compagnon de la Libération, secrétaire de Jean Moulin, le 17 juin 2014, à Paris, France. ©Getty - Jean-Luc PETIT-Gamma-Rapho
Daniel Cordier Compagnon de la Libération, secrétaire de Jean Moulin, le 17 juin 2014, à Paris, France. ©Getty - Jean-Luc PETIT-Gamma-Rapho
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Quatrième partie d'un entretien en cinq volets avec Daniel Cordier, résistant et secrétaire de Jean Moulin pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il relate ici sa vie après la guerre, son départ de la vie politique et sa passion pour l'art.

Avec
  • Daniel Cordier secrétaire de Jean Moulin pendant la Seconde Guerre mondiale, historien, collectionneur d'art, galeriste et mécène

Dans ce quatrième entretien de la série "A voix nue", Daniel Cordier raconte l'après-guerre, quand il a donné sa démission aux services de renseignements et quand il a réuni ses camarades de combat qui rentraient d'Allemagne pour leur dire la chose suivante : "maintenant, la guerre est finie, chacun organise son avenir selon ses goûts, selon ses moyens et nous ne nous reverrons plus".

En fait, Daniel Cordier confie que dès juillet 1940, il s'était juré de ne plus jamais parler de la guerre une fois le conflit terminé. Il ne voulait pas reproduire ce qu'il avait connu des anciens combattants de la guerre de 1914, "et donc j'ai coupé avec tout le monde, ils m'en ont beaucoup voulu" explique-t-il.

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Il raconte être devenu "un homme de gauche, proche des communistes" pendant la guerre mais il n'était pas fait pour la politique : "La politique était la passion de ma jeunesse, mais j'ignorais tout de la politique. Je suis en état de continuer à vendre des journaux à six heures du soir mais ça ne m'intéresse pas. [...] Ce que je voudrais c'est avoir une action politique et ça je ne suis pas capable parce que je n'ai pas la culture. J'ai des études qui sont chaotiques et nulles, mes opinions sont n'importe quoi".

C'est par hasard que Daniel Cordier s'est tourné vers la peinture même s'il trouve que son "dessin est nul et la couleur est à peu près identique". Il raconte ainsi comment il a acheté des tableaux et a ouvert une galerie d'art. En 1964, il décide d'arrêter et de garder pour lui toutes les œuvres achetées : "J'avais fait fortune dans les tableaux, c'est vrai que je ne tenais pas à perdre cet argent que j'avais de façon relative justement gagné et effectivement aujourd'hui je vis encore de cela, ça m'a permis quand même de travailler pendant trente ans en écrivant les volumes sur Jean Moulin. Donc tout ça s'équilibre, c'est un peu fou... mais probablement je suis fou, ça ne me dérange pas".

Cette émission a été proposée à l'écoute pour la première fois en mai 2013.

Par Jérôme Clément. Réalisation : Isabelle Yhuel. Prise de son : Frédéric Cayrou. Avec la collaboration de Claire Poinsignon et Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.