L'écrivain Vassilis Alexakis (1934-2021), ici en 2012 à Paris.
L'écrivain Vassilis Alexakis (1934-2021), ici en 2012 à Paris.
L'écrivain Vassilis Alexakis (1934-2021), ici en 2012 à Paris. ©AFP - Bertrand Guay
L'écrivain Vassilis Alexakis (1934-2021), ici en 2012 à Paris. ©AFP - Bertrand Guay
L'écrivain Vassilis Alexakis (1934-2021), ici en 2012 à Paris. ©AFP - Bertrand Guay
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Résumé

Dans le dernier volet de ces entretiens, Vassilis Alexakis évoque au micro de Sylvie Tanette les héros de romans qui ont marqué son enfance, son rapport concret à l'écriture, qu'il pratique encore à la main, mais aussi son rapport au temps, à l'humour et à la dérision.

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Vassilis Alexakis (écrivain).

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Dans Le cœur de Marguerite, comme dans d'autres romans de Vassilis Alexakis, le narrateur nourrit souvent l'ambition d'écrire. Au micro de Sylvie Tanette, l'écrivain revient sur la façon dont il construit ces personnages qui lui permettent de se livrer à un exercice qu'il affectionne : "parler de son travail" :

Vassilis Alexakis : Quand ils écrivent, mes personnages ne sont jamais des écrivains chevronnés, ils se posent des questions sur la littérature. C'est parce que j'adore faire parler de mon travail ! Enfant, je ne comprenais pas les écrivains du XIXe siècle qui sont capables de parler du métier de roi jusqu’à celui d’égoutier mais jamais du leur. Balzac évoque admirablement une foule de métiers mais pas un mot sur le sien. Quand j'étais enfant, cela me choquais un peu, je me demandais : "Mais qui a écrit le livre ? Où est-il ?" Par exemple quand Dumas décrit un dialogue secret entre le roi et la reine. Avant d'entamer le dialogue, ils vérifient que personne n'écoute aux portes, tirent les rideaux de leur chambre, s'isolent complètement et pourtant Dumas est au courant de tout ce qui s'est dit. Pour moi, c'était une faiblesse du roman. Moi j'éprouve au contraire le besoin de parler de mes incertitudes, des problèmes de style, de panne d'inspiration, de toutes ces choses qui font mon travail.

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Au cours de cet entretien, Vassilis Alexakis revient également sur L'Enfant grec (Stock, 2012), un roman sur les héros des romans que lui lisait sa mère quand il était enfant, et qui ont nourri son imaginaire.

Vassilis Alexakis : J'ai toujours eu envie de ressusciter les personnages de mon enfance. Le personnage des livres que je lisais quand j'étais gamin, parce qu'ils m'ont accompagné, et donné le goût de la littérature. Donc, il fallait un jour les remercier. Et puis, j'ai découvert cette autre chose qui m'a paru assez étonnante, c'est que ces personnages ne se connaissaient pas entre eux. J'ai mis longtemps à réaliser ça. Jean Valjean n'a jamais lu de romans. Ni D'Artagnan. Il ne sait pas que Don Quichotte a existé. Jean Valjean ne sait pas que d'Artagnan est le héros d'un roman fameux. Il n'a rien lu d'autre que la Bible. Je me disais mais pourquoi ces personnages, on ne les mettrait pas en contact ? Ça m'amusait de penser à la rencontre entre Alice de Lewis Carroll et Tarzan. Pourquoi Don Quichotte ne pourrait pas rencontrer Jane Eyre par exemple ? C'était très excitant de faire un roman où tous ces personnages non seulement reviennent pour que je puisse les remercier, mais également pour jouer une dernière fois le rôle. Mais tous ensemble, les uns avec les autres.      

  • Production Sylvie Tanette
  • Réalisation : Lionel Quantin