François Besse en 1983, à Madrid dans la prison de Carabanchel construite par les prisonniers politiques  - M. Cordillo/Zeta/Sipa
François Besse en 1983, à Madrid dans la prison de Carabanchel construite par les prisonniers politiques - M. Cordillo/Zeta/Sipa
François Besse en 1983, à Madrid dans la prison de Carabanchel construite par les prisonniers politiques - M. Cordillo/Zeta/Sipa
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Résumé

25 ans, c’est l’âge de la première évasion, à la suite d’une première condamnation injuste. S’ensuit la véritable entrée dans la délinquance, à la cadence d’une réaction en chaîne : arrestations, évasions, cavales, amours, braquages, courses poursuite, nouvelles arrestations…

avec :

François Besse.

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François Besse vit sa première expérience de la prison à la suite d’une condamnation injuste, pour un délit dont il n’est pas coupable. Cette incarcération le sépare de sa compagne, alors enceinte. Il nous raconte sa première nuit derrière les   barreaux, durant laquelle il s’attend à ce qu’on lui explique comment vont se passer les choses. Mais au petit matin, on ne lui dit rien d’autre que : « Voulez-vous aller en promenade ? ».

Le soir de ma condamnation, j'avais deux choses en tête : je perdais ma compagne et je perdais mon fils aussi. Donc, je pouvais très bien passer à l'acte en me suicidant. Cette idée m'a traversé l'esprit, mais elle ne s'est pas arrêtée. Je me suis dit : il faut que tu sautes le mur et que tu revendiques à l'extérieur cette erreur. 

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Il s’évade un mois plus tard, avec l’intention de faire reconnaître son innocence.  Mais la vie dans la clandestinité est un « suicide social » : « on doit changer de nom, vivre avec des faux papiers, on est libre mais on n’existe pas ». Après deux ans de cavale, nouvelle arrestation précédée d’une tentative de suicide.

Je suis dans un blockhaus, cerné par la police. Là, j'ai deux solutions : je sors l'arme à la main et je fais semblant de tirer et ils me tuent ou je me tue, donc je choisis la deuxième.

"Dans ma cellule de 8m2, l'évasion c'est H24"

Rencontre avec un certain Jacques Mesrine à la prison de Fresnes, puis évasion en sa compagnie du Quartier de Haute Sécurité de la prison de la Santé. Braquages, puis longue cavale à travers l’Europe et le Maghreb jusqu’en 1994, année de la dernière arrestation.

En prison, l'évasion c'est H24. J'ai de la lecture pour alimenter mon imagination. Tous les auteurs qui peuvent m'apporter, m'enrichir de leur imagination. Ce qui fait que je peux construire avec eux des projets. Et à cet instant là, bien évidemment, mon imagination peut fabriquer des chimères, elles me permettent d'être. Je mets de la distance avec la prison, c'est à dire que je ne suis pas en prison....

François Besse explique qu’il est un « grand peureux en amont des choses » :  tant que le plan d’une évasion n’est pas précis, ultra bien défini, il vit dans l’angoisse. Mais dès que tout est bien calé, l’évasion se déroule sans émotion particulière, même quand un imprévu survient.

A l'instant où tout est à sa place, où tout se déroule comme prévu, je suis dans une forme de détachement total.

François Besse évoque son mariage en prison, ses relations avec ses deux enfants, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.
 

Une série d'entretiens produite par Etienne Klein, réalisée par Delphine Lemer. Prise de son : Yann Fressy. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Bibliographie

Références

L'équipe

Etienne Klein
Production
Daphné Abgrall
Collaboration
Sandrine Treiner
Coordination