Louis-Ferdinand Céline se livre : épisode 4/5 du podcast Louis-Ferdinand Céline, l'écrivain controversé

Louis-Ferdinand Céline a très peu souvent accepté de donner des entretiens, d'autant moins portant sur sa vie personnelle.
Louis-Ferdinand Céline a très peu souvent accepté de donner des entretiens, d'autant moins portant sur sa vie personnelle. ©Getty - Keystone France
Louis-Ferdinand Céline a très peu souvent accepté de donner des entretiens, d'autant moins portant sur sa vie personnelle. ©Getty - Keystone France
Louis-Ferdinand Céline a très peu souvent accepté de donner des entretiens, d'autant moins portant sur sa vie personnelle. ©Getty - Keystone France
Publicité

Avant-dernier épisode d'"A voix nue" composé d'archives inédites de Céline. Il s'agit de la première partie d'un entretien enregistré en 1960 avec deux étudiants, dans lequel l'écrivain se livre avec familiarité. Il parle de ses goûts littéraires, de son enfance et fustige le "ronron" des Français.

Avec

Il existe peu d'archives sonores de Louis-Ferdinand Céline. Ce quatrième volet d'une série "A voix nue" consacrée à l'écrivain constitue la première partie d'un entretien enregistré en 1960 avec deux étudiants du centre audiovisuel de l'école normale de Saint Cloud, Jean Guénot et Jacques D'Arribehaude. Il s'agit du dernier enregistrement de l'écrivain. Cet entretien a en effet été réalisé au domicile de Céline le samedi 6 février 1960 - donc à l'extrême fin de la vie de l'écrivain, qui disparaît le 1er juillet 1961.

Cet échange au ton plus relâché que celui des interviews officielles donne l'impression d'une rencontre directe avec l'écrivain. On y entend en effet Céline discuter de choses et d'autres, comme au cours d'une conversation ordinaire entre amis : il parle de ses "chocs littéraires" en tant que lecteur (Morand, Ramuz et Barbusse), de sa fascination pour la médecine et de son admiration pour les médecins, des femmes ou encore de son enfance, lui qui a été élevé dans un milieu relativement pauvre, celui du petit commerce du début des années 1900, qu'il décrit ici comme relevant de la "misère digne" : "On n'avait à peine de quoi bouffer...". "Toute ma vie j'ai mangé des nouilles", affirme-t-il.

Publicité
À lire aussi : Une double vie
Grande traversée : Louis-Ferdinand Céline, au fond de la nuit
1h 49

Après avoir évoqué la figure centrale qu'incarne pour lui sa mère (une femme "impossible", d'une "dureté" rare, "toujours inquiète et toujours au travail") et son exil au Danemark, Louis-Ferdinand Céline n'oublie pas d'égratigner le "pédantisme français" dont il se moque allègrement, de l'habitude du "ronron" des Français et du "prêchiprêcha" de la presse ou encore les Surréalistes, qu'il juge trop "prétentieux" et dont il dit, "c'est l'école des messages, c'est assommant". A la fin de l'entretien, Louis-Ferdinand Céline disserte sur la démographie mondiale et notamment la domination numéraire des Chinois : "L'Asie a faim et l'Europe a peur !"

C'est une occasion pour l'auditeur de mieux saisir la personnalité complexe de l'écrivain, même si tous ces propos contribuent aussi à alimenter la légende de l'incompris - voire de la victime - que Céline a aimé construire tout au long de sa vie.

Réalisé par Jean-Claude Loiseau. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Mixage de Marie Lepeintre. En partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France.

L'équipe