France Culture
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Nous connaissons la personnalité hautement médiatique de Maria Nowak et son combat depuis plus de 20 ans pour le microcrédit, avec son association, l’ADIE (l’Association pour le droit à l’initiative économique). Cette association accueille des porteurs de projets qui n’ont pas accès aux organismes de crédit traditionnels, leur prête de petites sommes d’argent pour démarrer leur activité économique, et les accompagne dans leurs premiers pas d’entrepreneur. Mais nous ne savons pas forcément que Maria Nowak est née en Pologne en 1935, qu’en 1943 elle a fui son pays natal occupé par l’armée nazie, que les membres de sa famille ont été fusillés ou déportés, sa maison incendiée. Sa vie en France commence en 1946. Après de brillantes études (Institut d’Etudes Politiques de Paris, 1956, puis la* London School of Economics* , 1959), elle part pour un voyage d’études en Guinée et soutient une thèse sur l’économie rurale. Puis elle entre à la Caisse centrale de coopération économique, qui deviendra l’Agence française de développement, où elle se spécialise sur l’Afrique. Son destin bascule en 1985, avec la rencontre du futur Prix Nobel de la Paix (2006), le Professeur Yunus, économiste bangladeshi et fondateur de la* Grameen Bank* . Ce sera ensuite un long combat pour imposer l’idée du microcrédit en France. A l’heure où le microcrédit est présenté comme un des remèdes possibles à la crise, il est opportun d’entendre plus longuement celle qui, en France, en est convaincue depuis longtemps.