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Par Corinne Renou-Nativel. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Réalisation : Luc-Jean Reynaud. Prise de son : Damien Grelier.

2) Le **journaliste de presse écrite, entre *L’Observateur * et L’Express **

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« Vous n’avez aucun avenir dans le journalisme», lui avait lancé Philippe Grumbach, rédacteur en chef de l’Express . Entré en 1960 à France Observateur , Olivier Todd est l’un des rares journalistes rescapés de France Observateur à parvenir à s’imposer dans le Nouvel Observateur dirigé par Jean Daniel à partir de 1964. Polyvalent, il traite aussi bien des débuts de la consommation du LSD en Californie et du Hilton à Paris que de Graham Greene et du Viêt-Nam. Grand reporter, puis responsable des pages « Notre Epoque », puis de nouveau reporter, Olivier Todd désigne volontiers Jean Daniel comme le responsable de son « obsession vietnamienne ». Alors que, pro-communiste, il couvre la guerre du Viêt-Nam dans les trois zones - sudiste, nordiste et viêt-cong - pour L’Obs , il détonne en déclarant après huit années de reportages : « Je me suis trompé » il prend soudain la défense des « dissidents », se mettant ainsi à dos une partie de la gauche.

Malgré la couverture de la guerre du Kippour, de la Grèce des Colonels et une biographie de Giscard, le reporter finit par s’ennuyer à L’Obs . Il accepte en 1977 l’offre de Jimmy Goldsmith, le racheteur de l’Express , à la recherche d’un « éditorialiste rose ». Il y retrouve Philippe Grumbach, ainsi que des amis comme Jean-François Revel et Jacques Derogy il rencontre Raymond Aron, qu’il surnomme « Papy ». En mai 1981, Goldsmith qui veut un virage à droite, prend prétexte de la Une du lendemain des présidentielles pour congédier Todd. Jean-François Revel, Max Gallo, Albert du Roy, Robert Schneider, Jean-Francis Held lui emboîtent le pas et quittent le journal.