François Besse au premier rang, huitième en partant de la gauche 1966 Rugby  - Archives privées François Besse
François Besse au premier rang, huitième en partant de la gauche 1966 Rugby - Archives privées François Besse
François Besse au premier rang, huitième en partant de la gauche 1966 Rugby - Archives privées François Besse
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Résumé

Fugue, puis travail à Strasbourg dans une usine de sièges d’automobiles, licenciement, premier cambriolage, première condamnation, première incarcération. Puis service militaire. Puis viendra la première arrestation pour un délit qu’il n’a pas commis. Elle fera bifurquer sa vie.

avec :

François Besse.

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À Strasbourg, François Besse reçoit sa convocation pour le service militaire. Il n’y répond pas, ne se sentant pas concerné, ce qui lui vaut d’être accompagné à la caserne entre deux gendarmes. Comme il aime « apprendre en faisant », il se passionne pour tout ce qu’on lui enseigne sous les drapeaux, notamment le maniement des armes et des explosifs.  Après son service militaire, il devient chauffeur de poids-lourd, mais cela ne dure qu’un temps, à cause de la jalousie d’un autre employé. 

De retour à Cognac, il tombe amoureux d’une jeune femme et vit avec elle. Un soir, rentrant à son domicile, il découvre que des policiers sont chez lui : ils le soupçonnent d’avoir participé à un cambriolage commis par un homme qu’il hébergeait. Il les suit au commissariat. Là, les choses se passent mal. François Besse nous raconte, en fermant les yeux, comment on a cherché à lui extorquer des aveux par des méthodes proches de la torture. Mais au moment des faits, « son corps le sauve » en lui offrant une amnésie complète de ces événements, ce qui le préservera de la haine. 

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A ce moment là tout se dissocie, mon corps n'est plus là mais je suis en visionnage. (...) J'ai eu une amnésie totale pendant 10 ans sur cet événement. Je ne pouvais même pas y avoir accès. 

Ce n’est que bien plus tard, en découvrant l’image d’un esclave entravé comme il le fut en cette occasion, que cet épisode traumatique refit surface en sa conscience, ce qui le poussa aussitôt à rédiger un livre intitulé Cavales.

En parcourant les écrits de Jean-Baptiste Debret sur l'esclavage au Brésil, je tombe sur une image qui fait ressortir le souvenir. Tout le trauma est dans cette image. Il y a un esclave qui est exactement dans la même position que moi. (...) Et à cet instant là, tout se déroule, je peux écrire sans avoir à subir, c'est à dire que c'est une libération et c'est aussi un témoignage, quelque chose qui fait que je peux vous dire que ça a existé.  

Il est alors condamné à sept ans de réclusion criminelle. Il écrit aux juges, au Ministre de la justice, puis fait la grève de la faim. Mais rien n’y fait.

Une série d'entretiens produite par Etienne Klein. Réalisée par Delphine Lemer. Prise de son : Yann Fressy. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.
 

Bibliographie

Références

L'équipe

Etienne Klein
Production
Daphné Abgrall
Collaboration
Sandrine Treiner
Coordination