Jean-Baul Belmondo dans "Stavisky" d'Alain Resnais (1974).
Jean-Baul Belmondo dans "Stavisky" d'Alain Resnais (1974). ©AFP - Cerito Films/Films Ariane/Collection Christophel
Jean-Baul Belmondo dans "Stavisky" d'Alain Resnais (1974). ©AFP - Cerito Films/Films Ariane/Collection Christophel
Jean-Baul Belmondo dans "Stavisky" d'Alain Resnais (1974). ©AFP - Cerito Films/Films Ariane/Collection Christophel
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René Chateau, éditeur indépendant de films, est l'invité de la série "A voix nue". Dans ce quatrième entretien, il évoque sa rencontre puis sa collaboration pendant dix-huit ans avec Jean-Paul Belmondo en tant qu'attaché de presse puis associé.

Avec

Dans ce quatrième volet de la série "A voix nue" avec le producteur de films René Chateau, ce dernier raconte sa rencontre et son amitié avec Jean-Paul Belmondo avec qui il a collaboré dans les années 1970 et 80. Lui le passionné de cinéma qui travaillait dans la maçonnerie, était un grand lecteur de revues et critiques de cinéma, c'est sous la plume de Jean-Luc Godard qu'il voit le nom de Jean-Paul Belmondo écrit pour la première fois et le ton enjoué du cinéaste l'interpelle. Puis il se souvient de la première fois où il le voit sur grand écran : "Je fréquentais tous les ciné-clubs et le ciné-club universitaire au quartier latin annonce "A bout de souffle" en avant-première. Et c'est là que je prends une baffe en voyant "A bout de souffle" qui pour moi est le meilleur Godard avec "Pierrot le fou" et "Le Mépris". Le premier article que j'ai fait dans ma revue de cinéma "La méthode" c'était un compte-rendu d'"A bout de souffle" où je disais énormément de bien de Belmondo."

Travaillant alors pour le magazine "Lui", René Chateau, un peu l'homme à tout faire, se retrouve à  interviewer Jean-Paul Belmondo sur le tournage de "Pierrot le fou" :

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On déjeune ensemble, je l'interviewe et je vends l'interview dans dix-sept pays. Je lui avais posé la question : " Dites-moi Belmondo vous êtes l'acteur le plus payé du monde..." et je lui faisais répondre : "Je suis le prix d'un chef-d'œuvre mais suis-je un chef-d'œuvre pour autant ?" 

Par la suite embauché comme attaché de presse, il accompagne Jean-Paul Belmondo sur ses tournages de films dont "Ho !" de Robert Enrico, "le film est super toc" selon lui mais ce fut un choc émotionnel très fort que de participer au tournage, le premier de sa vie. "Je m'étais fait virer plusieurs fois et donc d'être payé pour être sur un tournage... des fois, je me pinçais dans mon pantalon dans la poche, je me disais je suis en train de rêver !"

Sur la variété des films tournés par Belmondo, René Chateau répond  : " L'alternance de Jean-Paul, c'est l'intelligence de Belmondo." Cette alternance s'arrête avec le film "Stavisky" d'Alain Resnais qui fut un échec.

Au Festival de Cannes pour "Stavisky", les gens se battaient pour rentrer dans la salle, les CRS étaient débordés et après ils se battaient pour sortir... Ça a été tragique et Jean-Paul [Belmondo] l'a très mal pris avec juste raison. Il était désespéré [de voir] comment le film a été massacré. "Stavisky" à Cannes, il était sifflé... Les gens étaient déçus.

Après dix-huit ans de collaboration, René Chateau et Jean-Paul Belmondo se séparent sur un désaccord au moment du film "Joyeuses Pâques" de Georges Lautner en 1984.

Par Matthieu Conquet. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. Prise de son : Ivan Turk. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.