Portrait studio de l'écrivain Leïla Sebbar en 1991, France.
Portrait studio de l'écrivain Leïla Sebbar en 1991, France.
Portrait studio de l'écrivain Leïla Sebbar en 1991, France.  ©Getty - Louis MONIER/Gamma-Rapho
Portrait studio de l'écrivain Leïla Sebbar en 1991, France. ©Getty - Louis MONIER/Gamma-Rapho
Portrait studio de l'écrivain Leïla Sebbar en 1991, France. ©Getty - Louis MONIER/Gamma-Rapho
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Résumé

Ne pas oublier les massacres du 17 octobre 1961, s’intéresser aux sans-abris sous le viaduc, donner une voix aux engagés dans le Djihad, critiquer le Paris-Dakar, encourager les élèves les plus modestes à s’émanciper par le savoir.

avec :

Leïla Sebbar (écrivaine).

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Marcheuse opiniâtre, Leïla Sebbar sillonne les cités parisiennes, graffitis, affiches, slogans, scènes de rue, rien ne lui échappe, elle écoute la radio, scrute les mouvements sociaux depuis sa fenêtre, tient une chronique quotidienne de la marche du monde : place des femmes, accueil des migrants, terrorisme, climat… sa curiosité engagée se transforme en publications de journaux ou fictions sur chacun des sujets. 

Ce qui m'intéresse et c'est le cas pour Schéhérazade et d'autres personnages, ce sont des rebelles. Je m'intéresse aux rebelles, aux oubliés de l'Histoire, aux exilés, aux femmes insoumises et vagabondes.

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Dans l'Orient est rouge, j'ai essayé de comprendre ces jeunes gens Français musulmans qui s'engagent dans le jihad.   J'ai essayé de comprendre pourquoi cette position, cette tentation. Je crois que c'est aussi une recherche d'idéal, quand vous avez envie de changer la société contemporaine qui ne vous satisfait pas. C'est un idéal, bon ou mauvais, je ne juge pas de cet idéal là dans ce que j'écris, je peux avoir un jugement comme citoyenne évidemment. J'ai compris par la fiction à quel point ils étaient avides d'autre chose. 

Spécialiste de l’immigration maghrébine, de l’intégration, de l’histoire coloniale algérienne et de son incidence sur les comportements actuels, côté français comme algérien Leïla Sebbar publie de très nombreux ouvrages qui ont traduits en plusieurs langues dans lesquels elle explore l’exil, ses différentes formes à la fois politiques et poétiques. En parallèle elle s’exerce au récit autobiographique avec plusieurs auteurs dans des recueils de récits sur l’enfance qu’elle dirige.

Dans La Seine était rouge : Paris, octobre 1961, je mets en scène des jeunes gens qui sont eux aussi dans ce travail de mémoire, de cette année là et des années de guerre, cela me permet aussi de retrouver cette mémoire. J'ai besoin de ces personnages et de la fiction pour que ce désir devienne une réalité, même si on est dans la fiction.

Elle enseigne les lettres modernes pendant trente ans au collège et lycée, et c’est une occasion de plus pour ouvrir les jeunes élèves à la littérature francophone et étrangère. Elle veille à leur transmettre les outils intellectuels nécessaires à leur émancipation et au combat pour la liberté. 

Le savoir est une arme intellectuelle, sociale et politique contre l'oppression, contre la domination, les dictatures.

Une série d'entretiens proposée par Pauline Maucort, réalisée par Doria Zenine. Prise de son : Nicolas Mathias. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Remerciements à toute l'équipe de la Société des Gens de Lettres qui nous ont ouvert le salon Colette où nous avons enregistré cette série d'entretiens. Et particulièrement à Hervé Monceaux, Alexis Monceaux et David Robin.

Remerciements aux éditions Bleu Autour, en particulier le précieux concours de Patrice Rotig, d'Emmanuelle Boucaud, de Laëtitia Bernadon, de Sébastien Pignon de Mathias Sabourdin.

Pour aller plus loin

Bibliographie sélective

A paraître au printemps  "Lettre à mon père" et "Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt", aux éditions Bleu autour.

Références

L'équipe

Pauline Maucort
Production
Daphné Abgrall
Collaboration
Sandrine Treiner
Coordination