Leïla Sebar et son père Mohammed à La Gonterie (Dordogne), en 1991
Leïla Sebar et son père Mohammed à La Gonterie (Dordogne), en 1991
 Leïla Sebar et son père Mohammed à La Gonterie (Dordogne), en 1991  - Archives privées Leïla Sebbar
Leïla Sebar et son père Mohammed à La Gonterie (Dordogne), en 1991 - Archives privées Leïla Sebbar
Leïla Sebar et son père Mohammed à La Gonterie (Dordogne), en 1991 - Archives privées Leïla Sebbar
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Résumé

Oublier la violence et l’Algérie à tout prix, rencontrer la liberté et la jeunesse universitaire, s’évader par le cinéma, comprendre la colonisation et ses rapports de force, découvrir la force du collectif, dire Je.

avec :

Leïla Sebbar (écrivaine).

En savoir plus

Jeune adulte, Leïla Sebbar choisit l’exil, pour étudier en France et s’éloigner de la guerre en Algérie, qu’elle essaie d’oublier. Elle ne pense pas encore qu’un jour elle publiera, ce qui compte, pour le moment, c’est de rencontrer d’autres jeunes passionnés de cinéma et de littérature, pour s’y réfugier. Elle découvre la liberté d’aller et venir, participe à la création le premier ciné-club d’Aix-en-Provence. 

Elle fréquente assidûment les sous-sols de la Bibliothèque Nationale et découvre des romans oubliés sur les révolutions et mouvements d’indépendance dans les colonies. C’est ainsi qu’elle découvre « Adonis ou le bon nègre, anecdote coloniale », qui lui inspirera l’écriture de sa thèse « Le mythe du bon Nègre, dans la littérature française du 18e siècle ». A travers l’histoire de l’île de Saint-Domingue, elle comprend en écho l’oppression des Algériens, puis l’insurrection algérienne jusqu’à l’indépendance en 1962. 

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J'ai compris un peu plus tard qu'il y avait un lien entre la guerre de libération algérienne et cette insurrection des esclaves à Saint-Domingue et que, d'une certaine manière, je faisais un transfert de l'Algérie à Saint-Domingue, de l'esclave au colonisé. Je crois qu'Adonis était d'une certaine manière le bon colonisé parce qu'il avait un bon maître. Et j'ai peut être même fait le rapport (sans en parler à mon père évidemment), entre mon père, le bon colonisé et Adonis.  

Mai 68 fait sortir Leïla Sebbar des bibliothèques, elle rencontre les femmes du MLF, et enfin, s’autorise à publier. 

Ces deux turbulences, les années 68 et les années MLF ont fait que quelque chose s'est passé, qui a déclenché le bonheur d'écriture et que j'ai pu me dire que je pouvais publier ce que je voulais, et que ce serait mon bonheur et ma liberté.

Leïla Sebbar revient longuement sur les mères dans ses textes de fiction :

Ces mères sont pour la plupart des mères arabes et musulmanes. Je les appelle les femmes du peuple de mon père, ce ne sont pas les mères que j'aurais voulu avoir mais elle me touchent car elles ressemblent aux mères et à la mère de mon père (...) Elles représentent la civilisation et l'histoire et la culture algérienne dont mon père m'a privée, d'une certaine façon sans le vouloir. (...) Je pense qu'on manque un pays et une civilisation quand on n'en connaît pas la langue.  

Une série d'entretiens proposée par Pauline Maucort, réalisée par Doria Zenine. Prise de son : Nicolas Mathias. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Remerciements à toute l'équipe de la Société des Gens de Lettres qui nous ont ouvert le salon Colette où nous avons enregistré cette série d'entretiens. Et particulièrement à Hervé Monceaux, Alexis Monceaux et David Robin.

Remerciements aux éditions Bleu Autour, en particulier le précieux concours de Patrice Rotig, d'Emmanuelle Boucaud, de Laëtitia Bernadon, de Sébastien Pignon de Mathias Sabourdin.

Pour aller plus loin

Bibliographie sélective

A paraître au printemps  "Lettre à mon père" et "Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt", aux éditions Bleu autour.

Références

L'équipe

Pauline Maucort
Production
Daphné Abgrall
Collaboration
Sandrine Treiner
Coordination