Philippe Sollers chez lui à Paris. Photo non datée.  ©Getty - Sophie Bassouls/Sygma/Corbis
Philippe Sollers chez lui à Paris. Photo non datée. ©Getty - Sophie Bassouls/Sygma/Corbis
Philippe Sollers chez lui à Paris. Photo non datée. ©Getty - Sophie Bassouls/Sygma/Corbis
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Résumé

Où Philippe Sollers bataille en compagnie de Clausewitz et Sun-Tzu, mais aussi de Guy Debord et Monteverdi, pour mieux dire sa Guerre d'Algérie, ses souvenirs de Mai 68 et la violence de notre époque, éblouie par l'argent et la vulgarité...

avec :

Philippe Sollers (écrivain).

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Troisième volet d'une série de cinq entretiens avec Philippe Sollers, écrivain, parle de son rapport à la guerre dans ses romans et notamment la guerre d'Algérie. Des énigmes poétiques de Radio Londres, qu’il écoutait enfant dans le grenier de la maison familiale à Bordeaux, jusqu’à La Guerre du goût, Philippe Sollers fait la guerre… et l’amour. 

L'écrivain, qui avait 26 ans en 1962, raconte l'impossibilité de parler de la Guerre d'Algérie à son époque, le mot guerre n'était pas utilisé, on parlait de "maintien de l'ordre" : "Tout à coup, vous vous habituez à voir que les gens mentent sur la guerre." Il évoque comment il a simulé la folie devant un psychiatre pour ne pas participer à la guerre d'Algérie, "et ça a marché !" mais l'expérience fut longue et dure à supporter.

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Pendant Mai 68, Philippe Sollers était "dans la rue" à assister à de nombreux événements, "il y avait une effervescence qui allait dans tous les sens", se souvient-il et d'affirmer ,"il y a eu une révolution en Mai 68." Il explique d'ailleurs en quoi "la guerre est constante",  et que "la paix n'existe pas", ce sont des menteurs ceux parlent de paix. "Guerriers et amoureux, c'est la même chose, la même activité", et il ne reprend pas pour lui le slogan "Faites l'amour, pas la guerre".

L'histoire doit être là tout le temps chez un écrivain. Un écrivain qui ne raconte pas l'histoire de son pays, ou l'histoire du monde, vraiment ce n'est pas grand chose. Ils se replient sur leurs petites histoires, sur leurs circonscriptions, pour parler en termes électoraux... Comme l'a dit l'admirable Mandelstam, poète liquidé par Staline, "la poésie c'est la guerre". Vous ne pouvez pas être écrivain sans faire la guerre, d'une façon ou d'une autre. C'est très passionnant la guerre, la tactique, la stratégie, le retournement des alliances, etc. La vie chez les humains, c'est la guerre. Ceux qui mentent, ce sont ceux qui parlent de paix. Il n'y a pas de paix.

44 min

Philippe Sollers | Contre-attaque | site officiel

Références

L'équipe

Claire Poinsignon
Collaboration
Béline Dolat
Béline Dolat
Béline Dolat
Coordination