Critique Opéra : “Lakmé” de Léo Delibes (Raphaël Pichon/ Laurent Pelly) sur Arte Concert

Sabine Devieilhe dans "Lakmé"
Sabine Devieilhe dans "Lakmé" - Stéphane Brion
Sabine Devieilhe dans "Lakmé" - Stéphane Brion
Sabine Devieilhe dans "Lakmé" - Stéphane Brion
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Un objet culturel passé au crible d’une critique libre et assumée. Aujourd’hui l’Opéra Lakmé de Léo Delibes disponible sur Arte Concert.

"Lakmé, spectacle donné il y a quelques jours à l’ Opéra Comique à Paris, est accessible depuis sur la plateforme d’Arte Concert. À la fosse, c’est Raphaël Pichon, son orchestre et son chœur Pygmalion, et à la mise en scène un habitué de la maison, Laurent Pelly, qui magnifie véritablement cette perle du répertoire comique fin 19e. Lakmé a été créé à la fin des années 1880, le livret est inspiré des livres de Pierre Loti et d’autres récits de voyage dans la grande tradition, alors très à la mode à l’opéra, de l’orientalisme. Dans une forêt indienne, se sont réfugiés un prêtre hindou et sa fille Lakmé, prunelle de ses yeux, considérée comme fille des dieux. Ils se cachent des colons britanniques locaux, mais l’un d’entre eux, Gerald, tombe un jour sur Lakmé et ils tombent éperdument amoureux comme il se doit.

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Un bon test

Laurent Pelly situe l’action dans un décor plutôt japonisant, décalant ainsi l’option orientaliste vers l’Empire du soleil levant. Sur la scène, de grands pans de papier déchiré, une cage en bambou dont le sol est couvert de plumes et dans laquelle apparaît Lakmé. Plus tard, des paravents orangés, le tout dans une lumière très douce, beaucoup de fluidité dans le décor. Par exemple lorsque le groupe d’Anglais fait irruption dans le refuge de Lakmé, il apparaît par une sorte de déchirure du décor en fond de scène. Les costumes aussi sont très beaux, c’est une des grandes spécialités de Laurent Pelly : kimonos compliqués, maquillages blancs, colliers de fleurs. On est très très loin du kitch que parfois Lakmé inspire aux metteurs en scène.

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Il se trouve que ce casting - Raphaël Pichon, Pygmalion, Sabine Devieilhe -, je l’ai vu il y a seulement quelques semaines au festival d’Aix-en-Provence, dans une production D’ Idoménée de Mozart, et le parti pris référentiel était un peu semblable : des paravents, des maquillages et des costumes “asiatisants”. Or ce spectacle est probablement un des pires que je n’ai jamais vus, et il est aussi en ce moment sur Arte Concert - je recommande presque de le voir parce que c’est un naufrage à peu près inédit. C’est un excellent exercice que de les comparer. Cela permet de constater très simplement l’importance de la mise en scène d’opéra. Certains en effet soutiennent que si les chanteurs sont grands, si l’orchestre est bon, ça passe toujours. Et bien là, c’est un excellent moyen de prouver l’inverse. Dans la production d’Aix, l’orchestre si chaleureux de Pichon, la voix et le charisme de Devieilhe : tout ça était comme éteint, étouffé par le ridicule absolu des partis pris scéniques.

A l’inverse dans Lakmé, circule en bonne intelligence entre la fosse et la scène, entre le texte et la musique, à la fois l’élégance et le comique de l’ouvrage." Lucile Commeaux

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