Critique spectacle : la comédie musicale "42nd Street", actuellement au Théâtre du Châtelet

"42nd Street" mis en scène par Stephen Mear, en ce moment au Théâtre du Châtelet, à Paris
"42nd Street" mis en scène par Stephen Mear, en ce moment au Théâtre du Châtelet, à Paris - Thomas Amouroux
"42nd Street" mis en scène par Stephen Mear, en ce moment au Théâtre du Châtelet, à Paris - Thomas Amouroux
"42nd Street" mis en scène par Stephen Mear, en ce moment au Théâtre du Châtelet, à Paris - Thomas Amouroux
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"C’est le grand divertissement à l’américaine, là pour parer à toutes les attentes : avec du suspense, du comique, de la grâce"

Littérature, cinéma, expos, musique, séries, BD... Chaque jour un objet de l'actualité culturelle passé au crible d'une critique libre et assumée.

Aujourd'hui, la comédie musicale 42nd Street dirigé par Gareth Valentine et mise en scène et chorégraphiée par Stephen Mear, à découvrir jusqu'au 15 janvier au Théâtre du Châtelet, à Paris :

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Des cuivres qui swinguent dans une fosse, des talons qui claquent sur un parquet, et ceci pendant deux heures, que demande le peuple ? C’est à peu près le meilleur endroit qui existe pour moi, personnellement, le Broadway, donc c’est un peu une gageure ce soir de faire la critique de ce spectacle tant je suis de toutes façons acquise. A moins que le spectacle ne soit fait pour m’acquérir et couper tout élan critique. C’est ça le rôle d’un bon Broadway : nous donner ce qu’on veut exactement quand on veut, quitte à nous endormir, et paralyser nos facultés d’analyses… Le talon du Capital finalement.

Alors comme son titre l’indique, 42nd street ça se passe à New York, en 1933. L’Amérique se relève doucement de la Grande Dépression, les gens veulent se divertir à nouveau, et Julian Marsh, grand metteur en scène à la gloire quelque peu éteinte, décide de monter un nouveau spectacle intitulé Pretty Lady. Il auditionne pour les chœurs et danseurs, et engage comme vedette la grande Dorothy Brock. Problème, elle ne sait pas danser, et en plus, elle a deux amants qui risquent de se tirer dans les pattes et compromettre le spectacle. Le jour de l'audition, arrive en retard Peggy Sawyer. Elle a une petite valise à la main, et pour cause : elle vient de débarquer de sa petite ville de Pennsylvanie, des étoiles plein les yeux.

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Au départ de cette comédie musicale, il y a un roman du même titre signé Bradford Ropes en 1932, devenu très vite un film avec Ginger Rogers entre autres, film qui a donné sa trame au spectacle, joué dans les années 80 avec grand succès. Stephen Mear, qui signe la chorégraphie et la mise en scène au Théâtre du Châtelet, a dansé lui-même dans le spectacle originel, dont il reprend une partie de la mise en scène, notamment cette idée assez géniale de ne lever le rideau que de quelques dizaines de centimètres à l’ouverture pour que les spectateurs ne voient que les dancing feet, les chaussures des danseurs. La troupe est entièrement américaine, à la fosse c’est Gareth Valentine, dans les rôles titres et les chœurs, des interprètes danseurs et chanteurs qu’on devine, à leur technicité et à leur voix, chevronnés en la matière du Broadway classique. C’est à peu près parfait, les décors, qui reproduisent des extérieurs et intérieurs des années trente - une salle de répétition, une gare, un hôtel - défilent avec une fluidité totale. A peine une séquence s’achève-t-elle qu’un nouveau numéro prend le relais avec de nouvelles chaussures, de nouveaux costumes de toutes les couleurs, de nouvelles chansons et surtout des claquettes, claquettes tout seul, en duo, à quatre, à trente, claquettes pour tous. C’est le grand divertissement à l’américaine, là pour parer à toutes les attentes : avec du suspense, du comique, de la grâce, et aussi, comme souvent à Broadway, ce mécanisme si satisfaisant du spectacle dans le spectacle, qui permet la virtuosité de la mise en abyme, et cette impression assez jouissive d’assister à deux comédies musicales dans la même soirée. Un des tubes de 42nd Street s’intitule “We’re in the money” : on est en veine, on a de la thune. C’est exactement ça : avec la grosse comédie américaine on en a pour son argent. Et c’est tout.

Transcription de la chronique de Lucile Commeaux

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