Fenêtre de séparation - dépolie gravée et bouchardée. - Antoine Doyen
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Résumé

L'ONU a proclamé 2022 "année internationale du verre". Thomas Arnal, verrier d'art, nous en dit plus sur ce matériau quotidien mais méconnu.

En savoir plus

Cette année les Nations Unies ont décidé de donner davantage de visibilité à ce matériau transparent en proclamant 2022 « Année internationale du verre » soulignant son rôle dans des domaines scientifiques, économiques, artistiques ou culturels. Pour en savoir plus sur ce verre qui « facilite les transitions vers un monde plus durable et embellit nos vies » selon l’ONU, Marie Sorbier s’est rendue à la Compagnie du Verre à Pantin, pour interroger le verrier d’art Thomas Arnal, alias Tomsky.

Matériau verre-satile

Bien plus qu’un simple verrier, Thomas Arnal est un véritable artisan d’art sculptant le verre à froid pour des particuliers ou des professionnels comme récemment le Plaza Athénée.

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« Lorsque je dis être artisan verrier, on me pense vitrailliste ou souffleur de verre, mais je suis en réalité graveur de verre. J’envoie du sable à haute pression sur le verre pour creuser la matière, créer du relief, travailler en bas-relief et proposer du verre décoratif appliqué à l’architecture ou au design. » Thomas Arnal

Si l’on essentialise parfois le verre à ceux que l’on voit à moitié pleins ou à moitié vides, il ne faut pas oublier que l’on peut travailler ce matériau à des échelles extrêmement variées, aussi grandes que petites.

« En effet, bien qu’il y ait tout de même des contraintes techniques imposées par la taille des fours de recuisson ou des cabines de sablage. Néanmoins, nous sommes quand même assez peu limités pour faire du verre architectural. » Thomas Arnal

En verre et contre toutes attentes

Matériau intemporel, confectionné depuis le 5ème millénaire avant J.-C. par les mésopotamiens, le verre, comme la mode, connaît également des tendances. Selon Thomas Arnal, au vu des commandes reçues par son atelier, ce ne sont ni les vases ou les carafes mais plutôt les grosses pièces qui sont les plus prisées actuellement, ce qui n’est pas pour lui déplaire :

« C’est plus intéressant de faire des grandes ou des moyennes pièces car avoir davantage d’épaisseur de verre permet d’avoir plus de matière à travailler et donc d’y inclure plus d’effets de matière. On va pouvoir graver le verre en profondeur, le casser au marteau et au burin pour créer des effets de diffraction, et pourquoi pas l’argenter ou le dorer. » Thomas Arnal

Si user de marteaux et burins pour sculpter le verre semble a priori insensé, il ne faut pas oublier que le verre n’est pas uniquement synonyme de transparence et d’opacité, mais aussi de solidité et d’opacité.

« C’est un matériau un peu magique, plein de contradictions. Il est transparent mais en même temps très lourd, il est dur mais aussi très cassant, il nous entoure tellement au quotidien qu’on fini par ne plus le voir. C’est un matériau très surprenant, qui peut avoir beaucoup de finesse tout en ayant la même densité que le marbre (du moins pour le verre float). » Thomas Arnal

Echantillons
Echantillons
- La Compagnie du Verre

Se mettre le pied au vitrier

Très demandées par des architectes, des décorateurs, des designers ou parfois des artistes, les créations de verre de Thomas Arnal sont le fruit d’années d’apprentissage. Formé sur le tas dans un atelier après avoir fait cinq ans à l’école Boulle, son cas est un peu particulier, néanmoins, il est également possible de se former à ce métier d’artisan d’art de manière plus académique :

« L’école la plus connue pour devenir verrier d’art est le CERFAV, le Centre Européen de Recherche et de Fabrication des Arts Verriers, créé en 1991 à Vannes-le-Châtel. A Paris même, il y a une autre école, le Lycée Lucas De Nehou, qui forme au travail du verre également. » Thomas Arnal

4 min
Références

L'équipe

Marie Sorbier
Production
Alexandre Fougeron
Réalisation
Pierre Bouyer
Stagiaire