"Je passe" spectacle de Judith Depaule, la compagnie Mabel Octobre et l'Atelier des artistes en exil
"Je passe" spectacle de Judith Depaule, la compagnie Mabel Octobre et l'Atelier des artistes en exil - Atelier des artistes en exil
"Je passe" spectacle de Judith Depaule, la compagnie Mabel Octobre et l'Atelier des artistes en exil - Atelier des artistes en exil
"Je passe" spectacle de Judith Depaule, la compagnie Mabel Octobre et l'Atelier des artistes en exil - Atelier des artistes en exil
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"L'atelier des artistes en exil" permet aux artistes de tous les pays de continuer leur travail en arrivant en France. La directrice de cette association, Judith Depaule nous explique les moyens qui sont mis à leur disposition.

Avec
  • Judith Depaule Metteuse en scène et co-fondatrice de l’Atelier des Artistes

Tandis que les ukrainiens mettent tout en œuvre pour protéger leur patrimoine artistique, comme à Odessa, Lviv ou Kiev où des statues sont mises à l’abri ou recouvertes de sacs de sables, qu’en est-il des artistes ukrainiens, ou russes contestataires, contraints de fuir leurs pays ? De manière plus large, qu’en est-il des autres artistes en exil à travers le monde ? Comment accueillir les innombrables victimes de guerre, de discriminations raciales, sexuelles, religieuses ou politique ? Quelques éléments de réponses avec Judith Depaule, metteure en scène et directrice de L’atelier des artistes en exil.

Remettre l’art à portée des artistes

L’accueil des exilés est la raison d’être de L’atelier des artistes en exil, structure qui met tout en place pour que les artistes puissent continuer à pratiquer leur art afin que la culture des peuples en péril se perpétue :

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« Nous permettons aux artistes de se remettre dans des conditions pour renouer avec leurs pratiques. Cela passe par la mise à disposition de toute une panoplie de services : accès à un lieu de travail, à un accompagnement administratif pour demandes d’asile, à des cours de français ainsi que des mises en relation professionnelles afin qu’ils puissent exposer ou montrer leurs travaux. » Judith Depaule

L’accompagnement proposé par L’atelier des artistes en exil est riche de nombreuses aides, avec notamment parmi elles l’accès à un réseau de partenaires de théâtre en France afin que les artistes suivis par l’association puissent être plus facilement engagés par des metteurs en scènes.

« Outre le théâtre nous avons créé des partenariats avec un maximum de disciplines artistiques possibles, car nous accueillons acteurs, écrivains, musiciens, plasticiens, réalisateurs etc… Ces liens permettent de proposer aux artistes des perspectives proches de leurs besoins, qui peuvent varier selon leurs carrières. » Judith Depaule

L’été dernier, L’atelier des artistes en exil s’était fortement mobilisé pour subvenir aux nécessités des artistes en provenance d’Afghanistan, ouvrant notamment une hotline pour répondre à toutes les questions des victimes de la prise de pouvoir des Talibans. A ceux-là ce sont depuis ajoutés les exilés russes et surtout ukrainiens, pour qui l’association a réitéré le dispositif :

« Nous avons ouvert une hotline en russe et en ukrainien pour répondre à toutes les questions que les artistes peuvent se poser. Qu’est-ce qui les attend ? Comment rejoindre la France ? Que vont-ils trouver ici ? Existe-t-il des résidences ? etc… Cette hotline s’adresse également aux personnes françaises souhaitant en savoir plus pour éventuellement participer à un accueil. » Judith Depaule

Pas d’échelle de valeur entre exilés

Alors que l’on pensait que les artistes ukrainiens ou russes préfèreraient se réfugier en Pologne, Judith Depaule nous explique que l’association qu’elle dirige, ayant des locaux à Paris et Marseille, a reçu de nombreuses demandes. Néanmoins, malgré cette augmentation du nombre d’exilés liés à la guerre en Ukraine, elle tient à préciser qu’aucune discrimination n’est faite et que tous les exilés continuent à être les bienvenus, sans distinction ou favoritisme. Selon elle, les conflits récents ont fait évoluer les mentalités :

« Je pense qu’avec la chute de Kaboul puis maintenant la guerre en Ukraine, les consciences changent, les gens sont plus au fait de ce qu’engendre la guerre. Il y a cinq ans la perception de l’exil était toute autre. Pour tout le monde, l’exil est désormais un drame, une tragédie qu’on ne souhaite à personne. » Judith Depaule

C’est notamment cette question de l’exil qu’elle aborde, en mettant en lumière chacune de ses facettes, dans un spectacle à la Maison des Métallos où elle est elle-même en résidence en ce moment.

« Dans ce spectacle on peut entendre toutes les raisons qui poussent des personnes à faire ce choix de l’exil. Chaque histoire est singulière, chaque exemple nous apprend quelque chose, mais tous sont intrinsèquement liés à l’art. » Judith Depaule