Page du mystérieux Codex Seraphinianus.
Page du mystérieux Codex Seraphinianus.
Page du mystérieux Codex Seraphinianus. - Luigi Serafini
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Page du mystérieux Codex Seraphinianus. - Luigi Serafini
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Résumé

Le Codex Seraphinianus est considéré comme « le livre le plus étrange du monde » ; son créateur l’architecte Luigi Serafini nous en livre quelques secrets.

En savoir plus

Découvrez le livre le plus étrange du monde : le Codex Seraphinianus, une encyclopédie sur un univers extraterrestre parue en 1981. Cette encyclopédie est découpée en onze chapitres décrivant tour à tour la faune, la flore, les architectures, les jeux ou les mœurs de ce monde imaginaire inconnu. Ouvrage mystérieux imaginé par l’artiste italien Luigi Serafini, il l’écrit dans une langue de son invention qui demeure, à ce jour, toujours indéchiffrée.

Au cours du temps, ce travail unique a fasciné nombre de grands artistes et intellectuels : Roland Barthes, Italo Calvino, Fellini, François Mitterrand, et bien d’autres. Luigi Serafini avoue volontiers ne pas vraiment comprendre pourquoi son codex suscite autant l’admiration de telles éminences du monde de l’art. Surpris par la popularité de son œuvre, notamment auprès des jeunes, il nous confie ses propres questionnements au sujet de son processus créatif.

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« L’intérêt que l’on porte à mon travail est pour moi un mystère. Je dessine depuis 1976 et m’invente de temps en temps des histoires à propos de la genèse de ce livre, parce que je n’arrive pas à comprendre comment je l’ai fait. C’était un élan, un élan vital. » Luigi Serafini

Le dessin ou la vie

Cet élan vital créatif, ce besoin de dessiner qu’a l’artiste italien, également architecte, est la principale constante de sa vie.

« Je cohabite avec le dessin depuis ma naissance. Je pense même avoir commencé à faire des dessins à l’intérieur de ma mère. Je ne me souviens pas d’un jour passé sans dessiner dans ma vie, c’est une activité naturelle pour moi. » Luigi Serafini

Son Codex Seraphinianus, véritable objet artistique non-identifié, mélange à la fois de nombreuses illustrations surréalistes ainsi que plusieurs langues et alphabets imaginaires dans un incessant processus de fusion du dessin et de l’écriture.

« Avec le dessin on peut tout faire : aller dans l’espace comme faire des maisons. Pour moi le dessin vient avant l’écriture car l’écriture est un dessin. Quand j’ai commencé à écrire, j’étais à mon aise parce que je dessinais plutôt que d’écrire » Luigi Serafini

La liberté au prix du mystère

Ses langues aux formes calligraphiques fluides, familières et pourtant déroutantes, renferment encore aujourd’hui bien des secrets, à la manière d’une sorte de pierre de Rosette contemporaine. Bien qu’un épais mystère entoure le Codex Seraphinianus, son auteur se défend d’y avoir caché quelque message codé. Pour lui, l’écriture imaginaire est avant tout un exutoire, un gage de liberté.

« Mon écriture est plutôt une forme d’écriture. Avec, je me sens absolument libre. Lorsque j’écris avec l’écriture du Codex je me sens vraiment à mon aise, et je trouve ce que j’écris parfait. » Luigi Serafini

Selon lui, l’alphabet étriqué qu’il a appris à l’école, comme tout un chacun, ne lui permettait pas de s’exprimer à sa guise, et ne s’emboîtait pas avec le monde qu’il voulait créer. Cet univers que l’on peut découvrir au fil des 400 pages du Codex Seraphinianus, il le considère comme celui « dalla porta accanto », c’est-à-dire une porte à côté de notre réalité, qui pourrait s’en faire le reflet.

Un héritage jusque dans la peau

Source d’inspiration intarissable depuis quarante ans pour les fans de science-fiction notamment, son étrange ouvrage inspire également la jeune génération, dont il se réjouit de voir les corps habillés de ses dessins.

« Il y a beaucoup de gens qui font des tatouages avec mes dessins. Je crois qu’à travers le monde, de plus en plus de gens ont désormais une sorte de livre sur la peau. Et ça me fait plaisir parce que c’est une chose qui va durer. Une vie au moins ! » Luigi Serafini

En savoir plus : Les flammes de l’enfer de Jérôme Bosch

  • Simple curieux ou véritable linguiste prêt à résoudre les mystères du Codex Seraphinianus, le livre de Luigi Serafini se trouve toujours disponible en librairie.
Références

L'équipe

Marie Sorbier
Production
Alexandre Fougeron
Réalisation
Pierre Bouyer
Stagiaire