La salle principale de la Filature, scène nationale de Mulhouse.
La salle principale de la Filature, scène nationale de Mulhouse.
La salle principale de la Filature, scène nationale de Mulhouse. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
La salle principale de la Filature, scène nationale de Mulhouse. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
La salle principale de la Filature, scène nationale de Mulhouse. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
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Résumé

Comment maintenir un festival dans un lieu culturel fermé au public ? Benoît André, le directeur de la Filature, scène nationale de Mulhouse, revient sur les capacités d'adaptation du spectacle vivant au contexte sanitaire, suite à l'édition 100% numérique du festival Vagamondes 2021.

avec :

Benoît André (Directeur de la Filature - Scène nationale de Mulhouse).

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Après Equinoxe, scène nationale de Châteauroux, et le FRAC Bretagne, Affaire en cours poursuit son tour d'horizon des établissements culturels qui continuent leur activité, bien que fermés au public. A la Filature, scène nationale de Mulhouse, le festival Vagamondes a pu se tenir grâce à la volonté et à la faculté d'adaptation du directeur de la Filature Benoît André. Il explique au micro de Marie Sorbier comment ce festival pluridisciplinaire, musique, danse et théâtre qui s’accompagne de moments de réflexion grâce à de nombreuses tables rondes a su se transposer en numérique sans perdre son identité.

Une première expérience en ligne réussie

Maintenir le festival Vagamondes représente une démarche vitale pour la Filature, première scène nationale à avoir fermé ses portes en raison de la pandémie (Mulhouse ayant été la première ville impactée par le Covid-19 en France). Soumis au stop and go régulier des restrictions sanitaires, l'établissement s'est plusieurs fois préparé à rouvrir ses portes sans que cela aboutisse, tentant malgré tout de renouer un lien avec son public. 

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Lorsqu'on a compris que les salles ne rouvriraient pas au début de l'année 2021, on a décidé de tout faire pour que le festival Vagamondes puisse exister, car c'est un temps fort, riche et chaleureux, construit sur la rencontre, le dialogue et l'échange - tout ce dont la pandémie nous prive.      
Benoît André

Travailler pour donner une existence à ce festival a été un moyen pour l'équipe de la Filature de retrouver stimulation et satisfaction après neuf mois quasiment à l'arrêt. L'enjeu majeur a été de transformer l'intégralité du festival en offre numérique : 16 spectacles, des rencontres, des débats, des tables rondes. Si trois spectacles n'ont pu être maintenus, les sept créations de la Filature l'ont été.

Le moment de la création est un moment crucial pour les artistes. Il s'agissait de leur permettre de venir répéter, de créer leur spectacle, afin de respecter cette étape importante du processus de création.      
Benoît André

Fort de partenariats au sein de la région Grand Est, l'édition numérique de Vagamondes a su se doter des moyens nécessaires pour réaliser des captations vidéos d'une partie de sa programmation. Le journal L'Alsace a prêté au festival une plateforme en ligne sur laquelle le public a pu regarder les spectacles en vidéo, gratuitement.

On a décidé de tout rendre gratuit : quand la période est compliquée, on va au plus simple. On veut que tous les publics se sentent concernés, qu'il n'y ait pas de barrière du prix. Le bilan est satisfaisant : on va terminer autour de 20000 vues pour l'ensemble des vidéos mises en ligne, alors que les Vagamondes réunissent d'habitude 6000 spectateurs en salle. On a touché les publics qu'on ne connaissait pas, certainement au-delà de la région Grand Est.      
Benoît André

Faire vivre le spectacle en numérique ?

Le numérique n'est pas une fin en soi, et je ne suis pas inquiet de la soi-disant concurrence numérique. L'expérience vécue dans une salle, l'énergie et les émotions qui circulent et se partagent entre le plateau et le public, c'est quelque chose d'unique.      
Benoît André

Si, concernant les spectacles, Benoît André doute de la validité du format numérique, il constate que le digital permet aux tables rondes, débats et rencontres d'atteindre une audience beaucoup plus importante que la centaine de personnes habituellement présente à ce type de rendez-vous. Le directeur de la Filature compte désormais enregistrer et filmer ces rencontres pour qu'elles soient systématiquement accessibles en ligne. Pour ne citer qu'un de ces événements de rencontre organisés en annexe des spectacles de Vagamonde, le cycle Société en chantier a été inauguré en janvier 2021. Empruant son nom au spectacle du collectif Rimini Protocole, accueilli à la Filature au début de la saison 2020-2021, ce cycle de discussions avait pour mission d'évaluer la manière dont les artistes abordent des questions de société à travers leur travail et leur subjectivité. 

La première table ronde Société en chantier a eu lieu au mois de janvier dans le cadre des Vagamondes, avec pour idée de travailler sur les questions de l'exil, de l'hospitalité, de l'identification à un pays, de la migration, du rapport à l'identité et à la géographie.      
Benoît André

À réécouter : Avec Stefan Kaegi, le théâtre se fait chantier de construction de la société

Références

L'équipe

Marie Sorbier
Production
Anouk Minaudier
Collaboration
Lucile Commeaux
Collaboration
Hugo Altmayer
Collaboration
Boris Pineau
Collaboration
Aïssatou N'Doye
Collaboration
Alexandre Fougeron
Réalisation