Jardins des transitions
Jardins des transitions - © Musée des métallos
Jardins des transitions - © Musée des métallos
Jardins des transitions - © Musée des métallos
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Le développement durable s'applique aussi aux structures culturelles. Noé Robin chargé du développement de la maison des métallos à Paris explique comment s'engager dans une transition écologique durable.

Le développement durable s’applique aussi aux structures culturelles et elles sont en France de plus en plus conscientes de leurs impacts ainsi que de leurs possibilités d’action. Mais comment alors passer de l’intention à l’action ? Comment agir concrètement pour une transition écologique et solidaire au cœur du monde culturel ? Une des options est de tenter d’obtenir un label, gage de fiabilité, signe extérieur que l’engagement n’est pas une façade mais bien un élément fondateur du projet du lieu. À titre d’exemple, Noé Robin a pris en charge pour sa structure tout le processus de labellisation.

Un label au cœur vert, ouvert à toute entreprise

La Maison des Métallos à Paris vient de recevoir un label qui a pour nom crypté "RSE Lucie 26 000". La RSE - pour “responsabilité sociétale des entreprises" - est définie par la norme internationale ISO 26 000 qui propose des lignes directrices pour mener une démarche écologique.

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"Cette norme est issue d'un processus long pour définir comment les entreprises peuvent être plus responsables en leur sein, tant du point de vue environnemental que du point de vue sociétal." Noé Robin

Cette norme n’est pas certifiable mais labellisable. En d'autres termes, les structures s'engagent et suivent un plan d'action pour défendre l'ensemble des objectifs de la norme qui sont regroupés en sept volets et qui sont proches des 17 objectifs du développement durable définis par les Nations Unies.

La transition écologique des pratiques artistiques

Ce label n'est pas spécifique aux établissements culturels, il a été défini par un ensemble d'entreprises de différents secteurs d'activité. C'est d'ailleurs ce qui a attisé l'intérêt de Stéphanie Aubin, qui dirige la maison des Métallos depuis 2007, et de son équipe. Cet établissement culturel, qui a toujours été en prise avec la société, financé par la Ville de Paris et le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, souhaitait d'une part entrer dans un mouvement commun avec d'autres secteurs de la société, et, d'autre part, faire de l'art et de ses pratiques une ressource pour aborder les transitions écologiques.

La Maison des métallos n'est pas la seule à engager ce processus, le Grand T à Nantes ainsi que la scène nationale de Chambéry sont eux aussi affiliés à ce même label.

Concevoir des modèles plus vertueux, en toute interdépendance

Au quotidien, la Maison des Métallos applique cette transition en modifiant sa manière d'aborder les pratiques culturelles et plus particulièrement le spectacle vivant, occupation majeure de cette maison. En effet, elle propose chaque mois des CoOP (Conversations Publiques) qui suivent, tel un fil rouge, la question de l'interdépendance.

"Un artiste, par définition, est quelqu'un qui cherche un rapport au monde différent. Nous permettons aux artistes d'avoir un lieu pour montrer l'ensemble de cette recherche." Noé Robin

Nombreux sont les artistes à s'essayer aux ateliers et conversations proposés par la Maison des Métallos, comme la chorégraphe Ivana Müller qui discutera, à l'occasion du Festival d'Automne, avec le pépiniériste Eric Lenoir, auteur de deux Traité du jardin punk.

"Comment est-ce qu'on se relie aux autres et comment est-ce que justement, dans cette capacité relationnelle aux autres, on trouve d'autres modèles ?" Noé Robin

Et ce n’est pas simplement au niveau des équipes ou des artistes invités dans le lieu que cet engagement prend forme, le public qui passe par la maison des métallos peut se rendre compte de la transition en marche grâce à des projets hybrides en lien avec le quartier ou encore une allée végétalisée pensée par le chorégraphe Daniel Larrieu qui se trouve être aussi horticulteur.

58 min

- À voir : la Maison des Métallos, la prochaine CoOp aura lieu le lundi 3 octobre prochain à 19h, avec Raphaël Liogier, Dominique Quessada et leur invitée, la philosophe Sandra Laugier réunis autour de la question suivante : "Quelle démocratie pour demain ?"