Danseuse du Lido lors du spectacle "C'est Magique !" en Décembre 1994. ©Getty - Pascla Della Zuana
Danseuse du Lido lors du spectacle "C'est Magique !" en Décembre 1994. ©Getty - Pascla Della Zuana
Danseuse du Lido lors du spectacle "C'est Magique !" en Décembre 1994. ©Getty - Pascla Della Zuana
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Résumé

Les danses, les plumes et les strass c'est fini : Il n'y aura plus de revue au Lido. Sonia Rachline journaliste et autrice nous explique pourquoi le Lido était un lieu culturel unique en son genre.

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Suite à son rachat par le groupe Accor, ayant annoncé un changement radical de programmation, le mythique cabaret parisien s’apprête à disparaître. Le Lido dit ainsi adieu à ses revues et ses troupes permanentes pour se transformer en salle de spectacle plus conventionnelle. Sonia Rachline, autrice ayant travaillé sur l’histoire de ce lieux particulier, revient sur les particularités et le passé de l’établissement au micro de Marie Sorbier.

Eclectisme et tourisme

Comme son aîné le Moulin Rouge, le Lido était l’un des lieux mythiques les plus emblématiques de la nuit parisienne comme du patrimoine culturel français.

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« C’est une salle tout à fait exceptionnelle située sur les Champs Elysées depuis 1977, agencée comme un porte avion, avec piscine et patinoire amovible grâce à des mécanismes invraisemblables faisant du lieu quelque chose d’unique au monde, ayant même permis fut un temps d’accueillir éléphants, chevaux et autres dromadaires sur les Champs Elysées. » Sonia Rachline

Assez paradoxalement, le seuil de la porte de ce lieu connu de tous les français était rarement franchi par les parisiens, du fait de son image vieillissante. Image que n’avaient pas nécessairement les clients étrangers :

« Les cabarets français ont bâti leur réputation grâce au tourisme. Car en France le cabaret parisien est assimilé à l’idée d’un loisir, d’une distraction, contrairement à l’opéra, associé au ballet, à la musique. Comme les étrangers de passage à Paris viennent s’y amuser, le lieu souffre de son image de truc touristique distrayant. » Sonia Rachline

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Dernières revues de la troupe de revues

Cependant, si pour certain le lieu est synonyme de distraction touristique, le Lido était le plus souvent associé à sa troupe de danseuses et danseurs incroyables, à la renommée internationale. Le cabaret étant un genre artistique à part entière, la troupe du Lido alliant talent et beauté, a depuis toujours été composée de l’élite de la danse :

« La particularité des danseuses, les Bluebell Girls, est d’être de bonnes danseuses mais aussi d’être grandes, 1m75 minimum. Cela s’explique tout simplement car de grandes filles, avec talons et plumes se remarquent davantage sur scène. Parmi elles, nombreuses sont celles ayant fait des études de danse classique à l’opéra mais ne pouvant pas devenir étoiles du fait de leur grande taille. » Sonia Rachline

Selon Sonia Rachline, la disparition du Lido n’est pas seulement synonyme de la dissolution de cette troupe d’exception mais également synonyme de la disparition d’un pan entier de ce genre si particulier qu’est le cabaret :

« Le cabaret est un genre artistique, non une distraction, et chaque cabaret a une identité propre. Celle du Lido était un mélange de sophistication à la française et d’inspirations américaines, allant de la comédie de Broadway aux films d’Hollywood, agrémenté d’une pointe d’exotisme et de folklore de carte postale. » Sonia Rachline

Pour en savoir plus au sujet de ce lieu unique, découvrez Lido, plumes strass et émotions de Sonia Rachline, publié aux éditions Flammarion.