Classe accueillie par la scène nationale "L'espace des Arts" de Chalon-sur-Saône dans le cadre de "Trop Classe".
Classe accueillie par la scène nationale "L'espace des Arts" de Chalon-sur-Saône dans le cadre de "Trop Classe". - Espace des Arts
Classe accueillie par la scène nationale "L'espace des Arts" de Chalon-sur-Saône dans le cadre de "Trop Classe". - Espace des Arts
Classe accueillie par la scène nationale "L'espace des Arts" de Chalon-sur-Saône dans le cadre de "Trop Classe". - Espace des Arts
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À Chalon-sur-Saône, la scène nationale a installé une salle de classe permanente dans ses murs. Nicolas Royer, directeur de "L'espace des arts" nous raconte ce dispositif inédit.

Depuis 2021, la scène nationale L’espace des arts accueille une salle de classe entre ses murs, à l’intérieur même de la scène nationale et propose des semaines de classe artistiques en immersion pour les élèves du territoire du Grand Chalon. Pour en savoir plus Marie Sorbier s’est entretenue avec Nicolas Royer, directeur de L’espace des Arts de Chalon-sur-Saône.

L’expérience "Trop Classe"

Le dispositif d’accueil des élèves mis en place depuis la rentrée 2021, intitulé Trop Classe, est désormais un acte fort lié à l’identité de L’espace des Arts de Chalon-sur-Saône. Pour Nicolas Royer, les objectifs de ce projet sont multiples :

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« Ayant moi-même vu mes parents enseignants très impliqués dans des classes vertes / de neige, j'ai eu l’idée de faire des classes au théâtre. L’outil formidable qu’est L’espace des Arts est désormais dédié à la jeunesse, à la médiation et la pratique de la classe mais aussi à la recherche sur l’oralité dans l’enseignement. L’endroit a aussi été pensé de manière futuriste, comme la salle de classe de demain. » Nicolas Royer

Cette semaine, CM1 et CM2 travailleront avec l’autrice et metteuse en scène Léa Fouillet sur la question de l’utopie. Ces rencontres entre élèves et artiste permettent aux enfants de s’ouvrir à d’autres formes d’apprentissage, de prendre la parole plus aisément et ainsi renverser les dynamiques au sein d’une classe :

« Cela permet d’approcher de manière différente, in-situ, avec un artiste, le théâtre. L’oralité peut déclencher en eux d’autres désirs. On voit très vite des changements de comportement, le bon élève n’est pas forcément celui qui est le plus à l’aise à l’endroit de l’oralité. Ça change les regards de chacun dans la microsociété qu’ils créent dans leur classe, leur rapport avec les enseignants ou tout simplement entre eux. Et j’espère que plus tard, ils puissent rentrer dans un espace de culture en se sentant chez eux. » Nicolas Royer

6 min

Une priorité à l’oralité payante

Après la création de Trop Classe par Nicolas Royer, l'idée a fait son chemin et a été reprise par d'autres structures. Pourtant à l'époque de la création du projet, le pari de l'oralité ne faisait pas l'unanimité. Il a fallu que Nicolas Royer soit convaincant face à l’éducation nationale afin de mettre en place ces classes transplantées :

« Il a fallut convaincre l’Education Nationale de la nécessité du projet, et de l’importance de l’oralité, ce qui n’était pas évident. L’histoire nous a donné raison puisque maintenant il y a des grands oraux au brevet des collèges et au bac. Petit à petit l’oralité s’est hissée au centre des préoccupations de l’Education Nationale, le projet tombait au bon moment. »

En perpétuelle réinvention, le projet Trop Classe expérimente pour travailler autour de la désormais très contemporaine question de l’oralité, le tout, main dans la main avec les enfants et les artistes.

« On ne s’interdit pas de faire des cours de maths dans la salle de classe du théâtre, mais ce n’est pas une obligation, la liberté est le mot d’ordre. Puisqu’il y a deux espaces qui leurs sont dédiés, la classe et le studio de théâtre, on peut mettre en groupe les élèves, tour à tour avec l’enseignant ou l’artiste. Cet espace de liberté, qui est pour eux très angoissant au départ, devient un espace de jeu, peut-être une utopie facilitant leur vivre-ensemble. » Nicolas Royer

Le projet Trop Classe proposé pat L’espace des Arts de Chalon-sur-Saône est un véritable décentrement de ce que proposent les théâtres aujourd'hui. En effet, c'est un choix mûrement réfléchi que d’ouvrir les portes d’une scène nationale aux enfants, car le plus souvent ces dernières se cantonnent à la programmation de spectacles :

« C’est en effet une priorisation des moyens de la scène nationale. L’ensemble des dix classes qui vont vivre cette expérience sur une saison, c’est équivalent au prix d’une production, mais c’est un coût qui vaut le coup. C’est un engagement aussi volontariste que fructueux, car je vois que les enfants changent au fur et à mesure de la semaine qu’ils passent ici et je sais que ça les marquera. On sème une petite graine ! » Nicolas Royer

7 min

La dernière classe de la saison, la semaine prochaine, sera supervisée par la scénographe Jane Joyet.