Anne Alvaro dans Hamlet, mis en scène par Gérard Watkins
Anne Alvaro dans Hamlet, mis en scène par Gérard Watkins
Anne Alvaro dans Hamlet, mis en scène par Gérard Watkins - Christophe Raynaud De Lage
Anne Alvaro dans Hamlet, mis en scène par Gérard Watkins - Christophe Raynaud De Lage
Anne Alvaro dans Hamlet, mis en scène par Gérard Watkins - Christophe Raynaud De Lage
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Résumé

A l'occasion des représentations de Hamlet de Shakespeare mis en scène par Gérard Watkins au Théâtre de la Tempête du 29 juin au 10 juillet, la comédienne Anne Alvaro - qui y tient le rôle principal - revient, au micro d'Arnaud Laporte, sur sa carrière au théâtre et au cinéma.

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Anne Alvaro.

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Du 29 juin au 10 juillet se tiendront au Théâtre de la Tempête les représentations de Hamlet de Shakespeare, mis en scène par Gérard Watkins. A cette occasion, la comédienne Anne Alvaro, qui y incarne Hamlet, revient au micro d'Arnaud Laporte sur sa découverte du théâtre, ses méthodes de travail et les rôles qui ont marqué sa carrière, sur les planches et au cinéma.

Le théâtre, dès l’enfance

A 9 ans, Anne Alvaro suit son premier cours de théâtre au conservatoire de Créteil où elle grandit, une découverte fondatrice qui marque le début de son histoire avec le théâtre. Et si le jeu est une révélation, la découverte des textes de grands auteurs est tout aussi importante. 

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Je suis montée sur le plateau (…) et puis j’ai dit une fable de La Fontaine. J’étais la seule élève pendant le premier trimestre. Mon professeur de déclamation Alain Souchère m’a fait travailler l’Ecole des femmes. C’était merveilleux, je ne voulais plus jamais quitter cet endroit. Je pouvais parler (…), j’étais bien sur scène, je pouvais exister avec les mots des autres, j’adorais mémoriser le texte, j’apprenais des mots, j’apprenais des phrases, j’apprenais à parler. 

A 15 ans, elle rejoint à Paris le cours privé de Jean Périmony, séchant les cours pour faire du théâtre. Quelques années plus tard, elle fait la connaissance d'une "bande" de théâtreux et rejoint la troupe de Denis Llorca.

Je séchais le lycée pour aller suivre des cours. Quand le pot aux roses a été découvert, mes parents sont allés voir Jean Périmony, ils sont allés très officiellement le rencontrer, ils se sont habillés comme pour un mariage, ou une cérémonie et ils ont fait tout le chemin pour s’entendre dire de la part de mon professeur que ce serait un crime – c’étaient ses propres mots – que de ne pas me laisser faire ce métier. Et ils m’ont fait confiance. (…) Il n’y avait pas un autre horizon pour moi que faire du théâtre. 

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Sa carrière de comédienne

Au cours de sa carrière, Anne Alvaro interprète les textes de grands auteurs : Corneille, Kleist, Tchékhov mais aussi et surtout Shakespeare qui forge littéralement sa carrière. 

C’est dans le corps, c’est dans le plaisir de la vitesse, de ne pas hésiter à partir dans la vitesse parce que je sais maintenant que de la vitesse peut venir plus facilement le sens et que ça apaise quelque chose. Si j’énonce une pensée ou une phrase dans une pesanteur de silence… avec Shakespeare si on fait ça il y a quelque chose qui se perd, du sens, de l’émotion, de la phrase.

Elle collabore avec des metteurs en scène comme Bob Wilson, André Engel, Bernard Sobel ou encore Alain Françon. Et elle incarne de grandes héroïnes comme Chimène de Corneille, Bérénice de Racine, Lulu de Wedekind et Penthésilée de Kleist. En 2009, elle obtient le Molière de la meilleure actrice pour Gertrude (Le Cri) d’Howard Barker, mis en scène par Giorgio Barberio Corsetti.

La langue est un repère absolu. Ce que ça provoque la découverte d’une langue étrangère, parce que c’est à chaque fois une langue étrangère.... Quelques fois c’est un petit peu plus long de prendre ce chemin quand c’est un texte traduit parce qu’on passe par le même travail que le traducteur : ça prend le temps de l’hésitation, du choix du mot pour son sens ou sa sonorité. Mais oui, c’est un repère absolu. 

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Anne Alvaro au cinéma 

Si le théâtre est toute sa vie, le cinéma a pris progressivement sa place, dans sa carrière. C’est en collaborant avec Raoul Ruiz qu’elle découvre le métier d’actrice de cinéma. Ensemble, ils collaborent dans quatre films dont La Ville des Pirates en 1983. Auprès de réalisateurs comme Mathieu Amalric, Julian Schnabel, Claire Simon ou encore Noémie Lvovsky, elle construit, entre ses tournées pour le théâtre, sa carrière au cinéma. Anne Alvaro a remporté deux César de la meilleure actrice dans un second rôle, pour Le goût des autres d’Agnès Jaoui en 1999 et Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier en 2010.

À réécouter : Agnès Jaoui : "Les pièces ont continué à exister sans nous"

Son actualité : Hamlet, de William Shakespeare, traduit et mis en scène par Gérard Watkins au Théâtre de la Tempête du 29 juin au 10 juillet, avec Anne Alvaro, Solène Arbel, Salomé Ayache, Gaël Baron, Mama Bouras, Julie Denisse, Basile Duchmann, David Gouhier, Fabien Orcier, Gérard Watkins.

Sons diffusés pendant l'émission

  • André Engel au micro de Lucien Attoun diffusé sur France Culture le 5 juin 1981.
  • Extrait de La Ville des Pirates, Raoul Ruiz, 1983 avec Clarisse Dole et Anne Alvaro.
  • "Pithecanthropus Erectus", Charles Mingus, Pithecanthropus Erectus, 1956.
  • Lecture de "Anoche cuando dormia" de Antonio Machado, par José Luis Gomez, 2019.
Références

L'équipe

Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Production
Lucile Commeaux
Collaboration
Hugo Altmayer
Collaboration
Marie Sorbier
Production déléguée
Boris Pineau
Collaboration
Brune Schlosser
Collaboration
Aïssatou N'Doye
Collaboration
Alexandre Fougeron
Réalisation