Dominique Gonzalez-Foerster - Giasco Bertoli
Dominique Gonzalez-Foerster - Giasco Bertoli
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Résumé

Inclassable et pourtant immédiatement identifiable, l’œuvre de Dominique Gonzalez-Foerster métabolise les formes et transforme notre regard. Au micro d’Arnaud Laporte le temps d'un entretien au long cours, la plasticienne nous immerge dans son laboratoire.

avec :

Dominique Gonzalez-Foerster.

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Le 20 septembre 2021, à l'occasion de son exposition “La Chambre humaine et la planète close” à la Galerie Chantal Crousel à Paris et des représentations du spectacle Le jour se rêve co-signé avec Jean-Claude Galotta et Rodolphe Burger, Dominique Gonzalez-Foerster, artiste phare d'envergure internationale, auteure d'une œuvre travaillée par de nombreuses disciplines et des références multiples, ouvrait au micro d'Arnaud Laporte les portes de son atelier.

L’art comme point de rencontre à géométrie variable

C’est à l’école des Beaux-Arts de Grenoble, l’un des terreaux de l’ébullition et de l’utopie culturelle de la ville, que Dominique Gonzalez-Foerster fait ses armes. Avec Philippe Parreno, Véronique Jourmard, Bernard Joisten, Pierre Joseph et d’autres, elle prend part à ce que la critique a appelé « la Bande de Grenoble », c'est-à-dire le petit groupe d’artistes qui a façonné l’art hexagonal des années 1980 et 1990 par sa manière de rendre l’espace de l’exposition poreux, de chahuter la notion d’auteur et de faire des relations sociales des formes artistiques.

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Je pensais un peu naïvement que toutes les villes étaient comme Grenoble. J'ai réalisé qu'en fait il y avait quelque chose de très particulier, un assemblage à la fois scientifique et culturel mais aussi géologique avec les montagnes. Dominique Gonzalez-Foerster

La lauréate du prix Marcel Duchamp en 2002 a su se créer un nom sur la scène internationale de l’art contemporain mais n’hésite pas à le mêler à ceux des autres lors de ses nombreuses collaborations. Elle a notamment dessiné une maison pour un collectionneur japonais, filmé des vidéos accompagnant les concerts de Christophe puis de Bashung avec Ange Leccia, ou encore designé les boutiques Balanciaga avec Nicolas Ghesquière. Elle est aussi très proche d'Enrique Vila-Matas. À son sujet, elle précise :

Il est devenu à un moment donné ma boussole. Il me donnait beaucoup d'indices sans forcément le savoir. […] J'ai l'impression qu'il n’écrit qu’un seul livre, comme j'ai l'impression que Philippe Parreno et moi on ne fait qu’une seule exposition. Dominique Gonzalez-Foerster

Chez Dominique Gonzalez-Foerster, la rencontre entre les disciplines et les médiums se joue au sein même de ses œuvres. Son travail est hybride, à la croisée de la vidéo, de la photo, de l’installation, de l’architecture et du design. Littérature et cinéma, notamment de science-fiction, y sont souvent convoqués.

La conquête des espaces

Dans l’œuvre de Dominique Gonzalez-Foerster, l’exploration des médiums se conjugue avec l’exploration des espaces. Des chambres d’abord, dans des installations dont les objets sont comme des signes ou des indices sur l’intimité de l’habitant, puis des espaces-temps dans des films tournés aux quatre coins du monde, jusqu’à l’espace intergalactique dans des spectacles synesthétiques et futuristes à la fois. Le voyage est au cœur de son travail, il est à la fois une thématique, un mode de vie et un imaginaire. Ses œuvres forment ainsi un archipel hétéroclite au sein duquel elle pratique l’éparpillement artistique.

Je pense qu'en ce moment, dans notre changement de rapport à toutes les formes de vivant, la question du non-humain prend une place très importante. Dominique Gonzalez-Foerster

A partir de 2012 et jusqu'en 2014, Dominique Gonzalez-Foester relocalise sa conquête des espaces dans son propre corps via ses seize Apparitions. Tour à tour, elle incarne Edgar Allan Poe, Ludwig II, Lola Montés, Scarlett O’hara, Bob Dylan, Fitzcarraldo ou Emily Brontë au fil de différents lieux et contextes où elle expose et intervient. Cet exercice de transformations physiques et mentales trouve son point d’orgue dans la réalisation d'un opéra qui les rassemblent tous, QM.15, présenté en 2015 à l'occasion de son exposition monographique « 1887-2058 » au Centre Pompidou.

L’espace de l’exposition constitue pour elle un terrain de jeu inépuisable. Du Turbin Hall de la Tate Modern au Centre Pompidou en passant par de très nombreuses biennales et institutions, Dominique Gonzalez-Foerster se met en scène et joue très souvent le rôle de curatrice.

Chaque fois que quelque chose me paraît encadré et défini, j'ai envie d'autre chose. Il y a des phases où le médium exposition me happe de nouveau. Je vois des choses possibles. Et puis, le plus souvent, j’essaye de trouver la sortie. Dominique Gonzalez-Foerster

55 min

Son actualité :

Sons diffusés pendant l'émission :

  • Philippe Parreno dans Affaires Culturelles le 23 décembre 2020.
  • Enrique Vila-Matas dans Affaires Culturelles le 14 mai 2020.
  • "Tornado Alley" du groupe Exotourisme de Dominique Gonzalez-Foerster et du musicien et interprète Julien Perez. EP de deux titres sorti en 2019 sur le label The Vinyl Factory.
  • "Raconte Une Histoire" de Christophe sur l'album live "Olympia 2002".
Références

L'équipe

Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Production
Alexandre Fougeron
Réalisation
Lucile Commeaux
Collaboration
Boris Pineau
Collaboration
Aïssatou N'Doye
Collaboration
Dinah Pedarros
Collaboration
Marie Sorbier
Collaboration
Anouk Minaudier
Collaboration