Dominique Reymond - Dominique Reymond
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Résumé

La comédienne Dominique Reymond est sur les planches pour Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès par Ludovic Lagarde. Au micro d’Arnaud Laporte à cette occasion, elle nous raconte son apprentissage auprès d’Antoine Vitez, nous parle de sa peinture et nous entraîne dans les coulisses de ses arts.

avec :

Dominique Reymond (Comédienne).

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Présence vibrante sur scène, discrète dans la vie, Dominique Reymond est de ces actrices à l’art subtil, tout en mystère. On peut la voir en ce moment dans “Quai Ouest” de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de Ludovic Lagarde, jusqu’au 19 février au Théâtre Nanterre-Amandiers.

"Pour Koltès, c'est comme Victor Hugo : ce n'est pas assez, le trop n'est pas assez fouillé, il faut aller encore plus loin. Et si on n'est pas pied au plancher tout le temps, ça ne donne rien" Dominique Reymond

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Une artiste vitézienne

Dominique Reymond pratique le théâtre très tôt, puisqu’elle avait seulement dix ans lorsqu’elle fit ses premiers pas sur la scène de la Comédie de Genève en petite paysanne dans “La Maison de Bernarda Alba de Lorca” dans une mise en scène de Germaine Montero. Dix ans plus tard, passée de Genève à Paris, la jeune comédienne se forme au Conservatoire national supérieur d'art dramatique auprès d’Antoine Vitez. Une rencontre fondatrice qui l’initie à l’art subtil de la scène et lui fait entendre que le théâtre est avant tout un mouvement, avant d’être une affaire de psychologie.

"On faisait les choses pour de rire, il précisait, toujours pour de rire. Ce n'était pas grave de faire du théâtre. Quand on commence, on se dit "Je ne peux pas jouer ça, je ne l'ai pas vécu" ou alors "Je ne connais rien aux mythes, à la tragédie grecque, qui suis-je pour jouer ces monstres et ces dieux ?". Avec lui, on a appris qu'on pouvait le faire vraiment très facilement" Dominique Reymond

Le compagnonnage avec Antoine Vitez ne s’arrête pas au portail de l’école. De 1983 à 1988, Dominique Reymond suit le metteur en scène au Théâtre de Chaillot dont il est alors à la tête, jouant de très nombreuses fois sous sa direction. En 1984, elle fut sa Nina dans “La mouette” de Tchekhov, un rôle forcément marquant, au milieu d’autres très beaux rôles, comme celui de Marthe dans “L’échange” de Paul Claudel.

50 min

Jouer de l’épure

Sur les planches, Dominique Reymond a joué avec la fine fleur des metteurs en scène tels que Klaus Michael Grüber, Luc Bondy, Stéphane Braunschweig, Bernard Sobel, Pascal Rambert, Brigitte Jacques et bien d’autres. Une liste aussi longue que riche, tout comme celle des réalisateurs et réalisatrices inscrits dans sa filmographie depuis son premier rôle devant la caméra en 1984 dans Pinot simple flic, et sa révélation dans Y’aura t-il de la neige à Noël ? de Sandrine Veysset qui lui valut un prix d’Interprétation au Festival du film de Paris.

"C'est vraiment chaque texte qui nous amène sa méthode, qui a ses lois, ses pièges. Il faut déjouer les uns et appliquer les autres. Il n'y a aucune méthode personnelle" Dominique Reymond

Fuyant le « savoir-faire » acquis avec les années d’expériences, elle ose au contraire se dépouiller et se tourner consciemment du côté de l’ombre, pour ainsi « tracer la ligne de la calligraphie sans trembler ».  Une métaphore heureuse venant d’une artiste qui n’a jamais cessé de peindre ni de dessiner. Pour elle, la peinture et le théâtre ont beaucoup en partage, notamment le fait d'être un espace vierge au départ :

"Il n'y a pas beaucoup d'arts comme ça, où il n'y a absolument rien, où tout est possible. Ce vertige des possibilités est incroyable. Dès fois, on pourrait même friser le mauvais goût tellement tout est possible. On est à la lisière de quelque chose " Dominique Reymond

Son actualité :

Spectacle : Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de Ludovic Lagarde, du 3 au 19 février au Théâtre Nanterre-Amandiers.

À  propos :

"Un homme se fait conduire par sa secrétaire, en Jaguar, au fin fond d’une zone portuaire abandonnée. Il met 2 pierres dans les poches de sa veste et se jette à l’eau. Un inconnu le repêche. “Qu’est-ce que vous me voulez exactement ?” Il ne repartira pas. Ici vivent des gens de l’ombre ; avec eux tout s’échange, les clefs de voiture, la drogue, les êtres humains, le droit de vivre ou de mourir. Cet homme c’est Maurice Koch. Il est administrateur de biens. Il a dilapidé la fortune qu’on lui avait confiée et sa fin laborieuse évoque celle du capitalisme et de la colonisation. Il va entraîner dans sa chute ceux qui espéraient encore s’y faire une place au soleil. Monique, sa collaboratrice, qui l’accompagne dans sa déchéance. Charles, immigré de la 2e génération, qui semble régner sur le territoire marginal de ces quais. Sa petite soeur Claire, qui perdra tout ce jour-là, une mère, un frère, et ses illusions. Cécile, leur mère, qui voit son immense espoir de réussite et d’intégration tomber en ruine. Rodolphe, leur père, ancien militaire, qui va armer le bras d’Abad. Abad venu d’Afrique qui s’est réfugié dans cette zone, sans papiers et qui fut recueilli par Charles. La pièce va donc armer Abad et celui-ci appuiera sur la détente. Si on faisait une conduite des objets, de la montre de Koch aux cailloux de la rivière en passant par le carburateur de la Jaguar XJS, elle aboutirait à la Kalachnikov qui passant de mains en mains termine son parcours entre les siennes. Et c’est Fak qui tirera les marrons du feu. Fak le pragmatique qui vient de nulle part, Fak sans dettes et sans rêves"

Sons diffusés pendant l'émission :

  • André Wilms au micro d’Arnaud Laporte en 2008, pour une lecture qu’il allait faire en compagnie de Jo Lavaudant et Astrid Bas, de la pièce de Carmelo Bene, “Macbeth horror” d’après Shakespeare, pour France Culture.
  • Thierry Vernet dans l’émission « L'échappée belle », en 1987, sur France Culture.
  • Antoine Vitez au micro d’Yvonne Taquet, sur France Culture, en 1972.
  • “Midnight Summer Dream” de The Stranglers, album “La Féline” (1982) / version radio edit
Références

L'équipe

Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Production
Alexandre Fougeron
Réalisation
Lucile Commeaux
Lucile Commeaux
Lucile Commeaux
Collaboration
Boris Pineau
Boris Pineau
Boris Pineau
Collaboration
Aïssatou N'Doye
Collaboration
Pierre Bouyer
Collaboration
Marie Sorbier
Marie Sorbier
Marie Sorbier
Collaboration
Anouk Minaudier
Collaboration