Florence Delay : "Je veux que la mémoire reste une flèche qui vous traverse"

Florence Delay
Florence Delay - Francesca Mantovani
Florence Delay - Francesca Mantovani
Florence Delay - Francesca Mantovani
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Romancière, dramaturge, traductrice, académicienne, Florence Delay semble avoir eu plusieurs vies. A l'occasion de la publication de son dernier roman, Un été à Miradour (Gallimard), elle revient au micro de Maylis Besserie sur son parcours et ses nombreuses sources d'inspiration.

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Au cours de sa carrière, Florence Delay a écrit des romans, des essais, du théâtre. Elle a aussi traduit le théâtre espagnol du Siècle d’Or et la Bible (Bayard, 2001). Au micro de Maylis Besserie, celle qui a aussi été la Jeanne d’Arc de Robert Bresson, revient sur son œuvre. 

Une enfance marquée par la littérature

Fille de l’écrivain et académicien Jean Delay, Florence Delay connaît une enfance tournée vers la littérature, la poésie et l’écriture. Et si dans sa jeunesse elle se destine au théâtre, elle entame finalement une carrière académique : après l’obtention de l’agrégation d’espagnol, elle enseigne les lettres générales et comparées à la Sorbonne. 

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Renouer avec le théâtre

C’est son amour pour l’Espagne qui lui donne l’occasion de renouer avec le théâtre. Sa fascination pour ce pays, et surtout ses poètes la conduit à traduire Calderon, Fernando de Rojas ou encore Lope de Vega, dramaturges du Siècle d’Or. Puis dans les années 1970, elle entame avec Jacques Roubaud une œuvre titanesque : un cycle de dix pièces, une version complète de la légende arthurienne. Ainsi avec Graal-Théâtre (Gallimard, 1977, 1981, 2005), tous deux défendent une vision de la littérature comme matière vivante, une manière de rappeler que quand une œuvre est grande, elle appartient autant au passé qu’au présent. 

J’ai gardé du théâtre le goût des scènes et de créer un personnage […] J’ai été très marquée par le travail avec Jacques Roubaud sur le conte, le Moyen Âge et les conteurs et je suis allée vers de plus en plus d’oralité. J’étais beaucoup plus métaphorique au début, dans mes premiers livres. Maintenant j’aime donner le sentiment de l’oral, même si évidemment c’est un oral hyper écrit. [...] J’écris en lisant et en écoutant. 

L'éternelle Florence Delay

Enfin, dans ses romans et ses essais, elle mêle ses souvenirs à de la fiction comme dans son dernier roman Un été à Miradour (Gallimard, 2021), et dialogue avec les auteurs qui l’ont inspirée comme dans Dit Nerval (Gallimard, 1999), donnant ainsi à voir ce qui fait l’essence de son œuvre. Dans ses écrits, où se conjuguent fantaisie et érudition, Gertrude Stein, Federico Garcia Lorca, Gérard de Nerval ou Jose Bergamin se mêlent ainsi à ses souvenirs et ses réflexions, laissant transparaître la joie qui la caractérise, sa curiosité pour l’autre et sa profondeur d’âme. Son œuvre a été couronnée en 2001 par son entrée à l'Académie française.

L’imagination et la fiction s’entrelacent à une mémoire, à des souvenirs et souvent à des souvenirs imaginaires aussi parce qu’ils sont embellis ou assombris. C’est en ce sens qu’il y a un côté "conte" dans ce livre [Un été à Miradour].

Poème du jour avec la Comédie-Française
3 min

Son actualité : son roman Un été à Miradour a paru chez Gallimard le 4 février 2021.

Sons diffusés pendant l'émission

  • André Gide lit les Nourritures terrestres en 1950 sur la Radiodiffusion Télévision Française (RTF)
  • « Hallelujah », Leonard Cohen
  • « Chanson populaire », Claude François
  • Bueltea : Rondèu, alboka interprété par Tenareze
  • « El Pelele », Enrique Granados, joué par Joaquin Achucarro

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