Jacques Audiard
Jacques Audiard - Eponine Momenceau
Jacques Audiard - Eponine Momenceau
Jacques Audiard - Eponine Momenceau
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Maintes fois récompensé pour ses films aux Césars et au Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur, Jacques Audiard, signe son nouveau film "Les Olympiades". Nous le retrouvons au micro d'Arnaud Laporte pour un entretien au long cours sur son processus de création et son parcours artistique.

Avec

Le prochain film Les Olympiades de Jacques Audiard, en compétition au Festival de Cannes 2021, sera à l’affiche début novembre. Le réalisateur exploite l'esthétique de l’image en noir et blanc et met en scène des histoires d’amour urbaines dans le 13e arrondissement de Paris. 

Tourner en noir et blanc, je crois que c’est un fantasme très partagé dans l’esprit des cinéastes. Je pense que c’est un fantasme lié à la photographie. Il y a quelque chose de facile dans le noir et blanc, une sorte d’évidence. J’ai beaucoup tourné dans Paris et il y a quelque chose qui me lasse dans la couleur. J’avais donc envie de moderniser ou plutôt urbaniser l'image par le noir et blanc et le 13ème arrondissement s’y prêtait très bien. 

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L'écriture et la réalisation

Né en 1952 à Paris, Jacques Audiard fait des études de lettres et se destine à l’enseignement. Il s'en éloigne finalement en s’initiant au montage et en devenant assistant monteur en 1976 pour Le Locataire de Roman Polanski et Judith Therpauve de Patrice Chéreau en 1978 et travaille auprès de la monteuse Françoise Bonnot. 

Fils du réalisateur et dialoguiste, Michel Audiard, le jeune monteur a grandi dans un univers littéraire et commence à écrire en tant que coscénariste pour Le Professionnel de Georges Lautner joué par Jean-Paul Belmondo en 1981 ; Mortelle randonnée de Claude Miller en 1983 ; Réveillon chez Bob de Denys Granier-Deferre en 1984 ; ou encore, Baxter de Jérôme Bovin en 1989. Jacques Audiard réalisera son premier long-métrage à l'âge de 40 ans, en 1994, Regarde les hommes tomber avec Mathieu Kassovitz et Jean-Louis Trintignant. Le film est sélectionné à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes et obtient trois Césars. Jacques Audiard tourne peu de temps après son deuxième long-métrage Un héros très discret du roman homonyme de Jean-François Deniau et il est également récompensé au Festival de Cannes du prix scénario. 

Le cinéma est la seule façon pour moi de communiquer avec le monde. Il y a quelque chose de très simple et de très rustique dans le cinéma, de très élémentaire et j'ai l'impression d'utiliser cet outil pour échanger. Cela commence avec un coscénariste, et puis une équipe, avec des acteurs. Et après, c'est des gens que je ne connais pas. Être aimé une seconde par des gens qu'on ne connaît pas et le tour est joué, alors je continue.

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Ainsi Jacques Audiard est tout au long de sa carrière récompensé pour ses qualités de scénariste, mais également de réalisateur. Ses films sont bien souvent nominés et présentés au Festival de Cannes et il reçoit de multiples Césars comme pour Sur mes lèvres avec Emmanuelle Devos et Vincent Cassel en 2002 ; De battre mon coeur s'est arrêté avec Romain Duris et Niels Arestrump en 2006 ; Un prophète avec Tahar Rahim en 2009 ; De rouille et d'os avec Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts  en 2012 ; ou encore Dheepan qui obtient la Palme d'Or en 2015 et le Lion d'Argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise pour Les Frères Sisters du roman de Patrick deWitt en 2018, tourné avec des acteurs internationaux, Joachim Phoenix et John C. Reilly.

Pour les comédiens, les répétitions servent à s’approprier le texte. Ils changent le scénario d’une certaine manière, les dialogues ou d’autres choses…

Processus de création 

Devant la feuille blanche, Jacques Audiard va cerner au mieux son désir et son intuition va prendre forme, souvent à travers le thème de l'apprentissage. Le cinéma de Jacques Audiard est fondé sur l'écriture mais il passe également par des images, il crée des univers et entend tordre le réel pour le rendre réaliste. Selon lui, le cinéma doit rester une machine à créer de l’émotion, c’est un art de voyou où les acteurs "piquent le fric à des financiers pour jouer avec la lumière, le temps, les êtres humains et faire des choses belles." 

J’aime le scénario car ce n’est pas de la littérature et il ne faut surtout pas que cela en soit. C’est un objet transitoire, cela ne doit désigner qu’une seule chose : le film à venir. Ôter la littérature du scénario, c’est une étape et cela suppose beaucoup de travail.

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Actualité : Sortie du nouveau film de Jacques Audiard Les Olympiades dans les salles de cinéma

Sons diffusés pendant l'émission :

  • Extrait d'Un héros très discret (début du film) avec la voix de Jean-Louis Trintignant
  • Extrait du philosophe Stanley Cavell
  • Sonate 850, 2e mouvement Con moto" de Schubert par W. Kempff
  • Bande originale Les Olympiades de Jacques Audiard
  • Extrait de David Lynch

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