Melvil Poupaud ©AFP - Joel Saget
Melvil Poupaud ©AFP - Joel Saget
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Résumé

Acteur qui a grandi devant les caméras des plus éminents réalisateurs, Melvil Poupaud a fait du septième art un grand terrain de jeu évolutif et s’y est imposé comme une figure incontournable du cinéma d’auteur. Au micro d’Arnaud Laporte, il revient sur son parcours et sa méthode de travail.

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Melvil Poupaud (Acteur, musicien, réalisateur).

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Melvil Poupaud fait un retour en force sur petit et grand écran. Présent sur Canal Plus dans la série OVNIS, et en salles dans “Petite Fleur”, de Santiago Mitre et “Frère et soeur”, d’Arnaud Desplechin, il nous parle de ses débuts, à 10 ans, devant la caméra de Raoul Ruiz, pour ensuite faire défiler le film de sa vie.

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Le cinéma pour poupaunnière

Tombé dans la marmite du cinéma dès l’enfance, Melvil Poupaud a grandi entouré des plus grandes figures du septième art et d’ailleurs, que ce soit Wim Wenders, Marguerite Duras, Benoît Jacquot, et même Jacques Lacan, rassemblées autour de sa mère, Chantal Poupaud, une attachée de presse qui a œuvré pour le cinéma d’auteur.

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Habitué précoce des plateaux de tournage, il est passé dès ses neuf ans devant la caméra du cinéaste chilien Raoul Ruiz dont il est devenu l’acteur fétiche le temps d’une dizaine de films, de « L’ile au trésor » en 1984 aux « Mystères de Lisbonne » en 2010.

"Je garde un souvenir assez magique des tournages de Raoul Ruiz, à l'image de ses films, comme une espèce de rêve éveillé d'aventures." Melvil Poupaud

"Quand Raoul Ruiz parlait de son vivant, on ne comprenait pas tout ce qu'il disait parce qu'il avait accès à un savoir auquel on n'a normalement pas accès. Il était très précurseur. Et puis, avec le temps, ce savoir s'est diffusé dans la société et les choses reviennent à leur juste place donc on comprend mieux ce qu'il disait et à quel point il était unique dans son inspiration. Il était capable de raconter plusieurs histoires en même temps, avec plusieurs niveaux, une ouverture, une fermeture, et puis surtout un humour à toute épreuve." Melvil Poupaud

Son adolescence a ensuite été fixée par Jacques Doillon, redoutable directeur d’acteur qui lui a véritablement mis le pied à l’étrier avec La Fille de 15 ans et lui a valu d’être nommé aux Césars, puis sa vingtaine par Éric Rohmer dans Conte d’été en 1996, l’un de ses plus grands rôles qui a fini de l’inscrire dans la grande famille du cinéma.

"J'aurais détesté être cantonné à un emploi, comme on dit, ou un rôle. J'ai toujours essayé d'éviter ça. Bob Dylan m'a beaucoup appris là-dessus. C'est quelqu'un qui ne s'est jamais laissé enfermer dans une catégorie, quitte à tout renverser" Melvil Poupaud

Le jeu comme rapport au monde

"L'originalité du métier de comédien c'est que notre instrument, c'est nous-mêmes et nos émotions. Donc c'est un travail très usant pour les nerfs d'être toujours au contact de ses émotions pour pouvoir les convoquer ou pour les étouffer. Ca contamine un peu la vie réelle. Quelque part, on est toujours en train de se regarder. Il y a un côté très narcissique et en même temps un peu expérimental" Melvil Poupaud

Propulsé sur le devant de la scène du cinéma d’auteur avec Conte d’été d’Éric Rohmer en 1996, l’un de ses plus grands rôles encore aujourd’hui, Melvil Poupaud aligne depuis les films signés par les plus grands réalisateurs et les plus grandes réalisatrices, parmi lesquels Xavier Dolan, Arnaud Desplechin et François Ozon. Désireux de se remettre en jeu à chaque projet, il incarne souvent des personnages aux psychologies complexes, tel celui de Laurence Anyways dans le film éponyme. Au cours de l'entretien, il raconte cette expérience hors norme avec Xavier Dolan, un réalisateur qui l'a beaucoup impressionné :

"Laurence Anyways est vraiment le miracle de ma carrière. J'allais avoir 40 ans et je n'étais pas forcément satisfait des rôles et des films que je faisais à cette époque-là, j'attendais que quelque chose se passe dans ma vie d'acteur. […] Sur le tournage, j'ai été embarqué dans ce tourbillon, cette jeunesse, cette fraîcheur, cette maîtrise déjà très précoce et cet univers." Melvil Poupaud

Toujours en quête de renouveau, il s’est récemment essayé au genre comique avec la série OVNI(s) d’Antony Cordier dans laquelle il interprète Didier Mathure, un directeur du bureau du Gepan chargé d'analyser les phénomènes aérospatiaux non-identifiés.

En parallèle de sa carrière d’acteur, Melvil Poupaud s’illustre également du côté de la littérature, de la musique, et s’active également derrière la caméra depuis l’enfance. Il a réalisé plusieurs films undergrounds dans lesquels il se filme lui-même, comme Melvil en 2006, son seul long-métrage. Il a cessé depuis, pour les raisons suivantes :

"J'ai arrêté de filmer quand j'ai vu que tout le monde se filmait partout, que YouTube est devenu omniprésent. […] Et puis j'ai changé physiquement aussi. Je pense même que cette pratique de me filmer sous toutes les coutures était aussi une façon de m'accepter et de mieux me connaître. Mais au bout d'un moment, je me suis dit que je n'avais plus besoin de me connaître mieux que ça" Melvil Poupaud

  • Ses actualités
    - "Petite Fleur”, de Santiago Mitre, en salles le 8 juin. Avec Melvil Poupaud , Daniel Hendler et Vimala Pons. 
    - "Frère et soeur ” d’Arnaud Desplechin, en salles depuis le 20 mai. Avec Marion Cotillard, Golshifteh Farahani et Melvil Poupaud.

Sons diffusés pendant l'émission :

  • Raoul Ruiz au micro d’Antoine Guillot dans La Grande Table sur France Culture en octobre 2010.
  • “Margarita” de Yarol Poupaud, sur l'album "Hot Like Dynamite".
  • Michel Piccoli au micro de Laure Adler en 2006, dans A voix nue, sur France Culture.
  • “Petite fleur” de Sidney Bechet.
Références

L'équipe

Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Production
Alexandre Fougeron
Réalisation
Lucile Commeaux
Collaboration
Boris Pineau
Collaboration
Aïssatou N'Doye
Collaboration
Pierre Bouyer
Collaboration
Marie Sorbier
Collaboration
Anouk Minaudier
Collaboration