Portrait de Tatiana Trouvé - Claire Dorn
Portrait de Tatiana Trouvé - Claire Dorn
Portrait de Tatiana Trouvé - Claire Dorn
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Résumé

Dans ses installations qui mêlent sculptures et dessins, Tatiana Trouvé explore le temps et de la mémoire et fait du rêve une matière plastique. A l'occasion de son exposition au Centre Pompidou, l'artiste revient sur son parcours lors d'un entretien au long cours.

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Dans son exposition "Le grand atlas de la désorientation" à découvrir jusqu'au 22 août à la Galerie 3 du Centre Pompidou, l'artiste Tatiana Trouvé tisse un "art de la mémoire" où s'entrecroise sculpture et dessin en un mouvement de va-et-vient permanent. Le temps d'un entretien au long cours, elle revient sur les étapes marquantes de son parcours et sur ses imaginaires.

"Pour moi, la désorientation est une façon d'attirer l'attention, pour regarder des choses qu'on ne regarde jamaisTatiana Trouvé

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Le parcours comme oeuvre d'art

Née en Calabre en 1968, Tatiana Trouvé passe son enfance à Dakar. De son père architecte elle hérite une relation naturelle à l'espace. L'art et le dessin s'imposent, moins comme une vocation qu'une facilité. Mais lors de ses études à la Villa Arson, à Nice et aux Ateliers 63, à Haarlem, aux Pays-Bas, ce choix va se confirmer.

"J'ai toujours vécu dans mes ateliers. […] J'aime beaucoup cette idée de pouvoir me réveiller, même la nuit, et retourner dans l'atelier, reprendre des choses, avoir toujours ce fil de pensée qui me relie à cet endroit-là." Tatiana Trouvé

Tatiana Trouvé s’installe à Paris en 1995. Elle y cherche alors du travail pour vivre. Dès 1997, elle transforme cette recherche, qui s’avère être devenue un travail à temps complet, en sujet et matière première de son œuvre. Elle archive les CV qu’elle envoie, remplis de projets jamais réalisés, conserve les réponses stéréotypées des entreprises et organise cette matière du « refus » et du « jamais » en un bureau : le B.A.I ., Bureau d’Activités Implicites.

"Dans le rêve, il n'y a jamais une temporalité qui est évolutive ou linéaire. On peut tout à fait être dans un événement qu'on a vécu la veille, qui s'enchaîne avec des choses qu'on a vécu il y a 20 ou 30 ans. [...] Le rêve recrée sa propre temporalité. Et comme je suis convaincu que le temps n'existe pas, les rêves en sont la preuve." Tatiana Trouvé

L'espace mental, l'espace physique

A partir des années 2000, elle commence la production des « Polders » qui font partie du Bureau d’Activités Implicites. Dispositifs complexes issus d’une opération de mémoire sans finalité précise, les Polders se greffent à l’architecture d’un lieu, apportant aux environnements qui les accueillent une nouvelle logique spatiale.

"Mes récits sont des récits interrompus parce que j'aime beaucoup prendre le visiteur par la main, mais pour le perdre. Je pense qu'à partir du moment où il est perdu ou désorienté, le visiteur peut commencer à voyager dans des niveaux de fiction différents." Tatiana Trouvé

Depuis, les dessins, les installations architecturées, les sculptures et objets de Tatiana Trouvé interrogent les notions de temps, de mémoire et d'espace.  Les ordres et les lois qui définissent notre réalité sont recomposés dans des mondes où se formulent de nouvelles coexistences, où l’espace et le temps flottent, où nos repères perceptifs se déplacent, à l’origine d’une expérience de désorientation. Au cours de l'entretien, Tatiana Trouvé nous explique son processus créatif :

"Je pars souvent d'une tâche que je crée sur un papier coloré javélisé. Donc je ne pars jamais de quelque chose qui est complètement neutre, je m'inscris dans une histoire. Je rentre dans la tâche et je pars avec." Tatiana Trouvé

Son actualité :

Expositions : "Le grand atlas de la désorientation", du 8 juin au 22 août 2022, à la Galerie 3 du Centre Pompidou à Paris.

  • "Le grand atlas de la désorientation", du 8 juin au 22 août 2022, à la Galerie 3 du Centre Pompidou à Paris.
  • Une exposition lui est également consacrée à la Galerie Gagosian, 9 rue Castiglione, à Paris, jusqu’au 3 septembre.

Sons diffusés pendant l'émission :

  • Le psychologue Tobie Nathan dans l'émission "A mots découverts", sur France Culture, au micro de Sylvie Nicollet.
  • Anne-Marie Sauzeau, à propos de Alighiero Boetti, sur France Culture.
  • ”White Rabbit” de Jefferson Airplane, version Woodstock.
  • Eva Jospin dans "Affaires Culturelles" sur France Culture, le 13 mai 2022.
Références

L'équipe

Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Production
Anouk Minaudier
Collaboration
Lucile Commeaux
Collaboration
Marie Sorbier
Collaboration
Boris Pineau
Collaboration
Aïssatou N'Doye
Collaboration
Alexandre Fougeron
Réalisation
Pierre Bouyer
Collaboration