Quel rôle doit avoir l’Union Européenne par rapport aux bouleversements de notre continent ?
Quel rôle doit avoir l’Union Européenne par rapport aux bouleversements de notre continent ?
Quel rôle doit avoir l’Union Européenne par rapport aux bouleversements de notre continent ? ©AFP - Sergei SUPINSKY
Quel rôle doit avoir l’Union Européenne par rapport aux bouleversements de notre continent ? ©AFP - Sergei SUPINSKY
Quel rôle doit avoir l’Union Européenne par rapport aux bouleversements de notre continent ? ©AFP - Sergei SUPINSKY
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Résumé

La communauté politique européenne proposée par la France pourrait-elle servir de compromis entre le scepticisme néerlandais et l'hostilité hongroise ?

avec :

Sébastien Maillard (directeur de l’Institut Jacques Delors), Jacques Rupnik (Historien, politologue, directeur de recherche émérite au CERI/Sciences Po), Arancha Gonzáles Laya (Doyenne de la Paris School of international Affairs (PSIA), ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères), Luuk Van Middelaar (Historien et philosophe, titulaire de la Chaire Valeurs européennes à l’Université catholique de Louvain (UCL), Auteur du Passage to Europe (Yale UP, Gallimard etc.). Editorialiste @nrc @tijd. Prof Univ Leiden and Louvain-la-Neuve.).

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Vêtue de jaune et de bleu, comme pour mieux souligner l’annonce faite à l’Ukraine, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen l’a confirmé hier : le pays martyrisé et dévasté depuis quatre mois par l’agression russe, comme la petite Moldavie voisine, directement menacée, bénéficient désormais du statut de candidat habilité à rejoindre l’Union Européenne.

Communauté politique européenne

L’avis technique de la Commission ne faisait aucun doute après la visite conjointe jeudi à Kiev des dirigeants français, allemand et italien et leurs promesses tant attendues d’un soutien total à Volodymir Zelensky. Pour lui comme pour la présidente moldave, la victoire est majeure mais deux obstacles de taille demeurent. Il leur faudra venir à bout d’un long processus de mise en conformité par rapport aux multiples critères politiques, économiques, juridiques de l’Union, qui peut prendre des années.

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Et il leur faudra avant tout obtenir à Bruxelles, dès jeudi et vendredi prochains, lors du Conseil des chefs d’État et de gouvernement, l’accord unanime des 27 pays membres. Ce sera le dernier Conseil présidé par la France – Emmanuel Macron, Olaf Scholtz et Mario Draghi, à la tête de trois des pays fondateurs et des trois économies les plus importantes, ont désormais rejoint le camp de ceux qui doutaient ouvertement de leur soutien à Kiev : la Pologne, les pays Baltes surtout. Mais d’autres dirigeants n’ont pas caché pas leur hostilité, comme le Hongrois Orban, ou leur scepticisme, comme le Néerlandais Rutte et le Portugais Costa.

La communauté politique européenne proposée par la France pourrait-elle servir de compromis ? Quels sont les arguments des uns et des autres au moment où l’impact économique de la guerre pèse sur les consommateurs dans nos pays, où la lassitude gagne les opinions publiques, où se creusent les fractures entre le camp de la paix, qui souhaite la fin de la guerre, et le camp de la justice, qui veut la punition de la Russie ? L’Union Européenne laisse déjà languir à sa porte plusieurs pays des Balkans.

Elle a du mal à avancer à 27, comment pourrait-elle fonctionner à 35 ou 39 ? Quelles réformes faudrait-il envisager pour répondre à des ambitions déjà divergentes ? Quel rôle doit avoir l’Union Européenne par rapport aux bouleversements de notre continent ?

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