Inspection des dommages après une série de bombardements au nord-ouest de Kaboul, le 21 novembre 2020
Inspection des dommages après une série de bombardements au nord-ouest de Kaboul, le 21 novembre 2020 ©AFP - WAKIL KOHSAR / AFP
Inspection des dommages après une série de bombardements au nord-ouest de Kaboul, le 21 novembre 2020 ©AFP - WAKIL KOHSAR / AFP
Inspection des dommages après une série de bombardements au nord-ouest de Kaboul, le 21 novembre 2020 ©AFP - WAKIL KOHSAR / AFP
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Sous fond d'attentats à répétition, les talibans pourraient gouverner le pays, bientôt quitté par les troupes américaines.

Avec
  • Gilles Dorronsoro Professeur de science politique à l'Université Paris I et membre sénior de l'Institut universitaire de France, spécialiste de l’Afghanistan et de la Turquie
  • Georges Lefeuvre anthropologue spécialiste de l'Afghanistan et du Pakistan, ancien diplomate, consultant directeur de "Af-Pak Reserach"
  • Michel Duclos Ancien ambassadeur de France en Syrie, conseiller spécial à l’Institut Montaigne
  • Alexandra de Hoop Scheffer Senior vice-présidente pour les questions géopolitiques au German Marshall Fund of the United States

Donald Trump quittera bien la Maison Blanche le 20 janvier prochain, mais il lui reste encore quelques semaines pour encombrer le terrain ou compliquer à l’envi la tâche de son successeur, sur la scène internationale en particulier. Durcissement des sanctions contre l’Iran – à défaut d’une frappe militaire, un temps envisagée semble-t-il -, feu vert à de nouvelles colonies juives en Cisjordanie, accélération du retrait des troupes américaines d’Afghanistan. « Les boys rentreront avant Noël ! » avait promis le président. 

La guerre sans fin 

Une décision salutaire, sans doute, tant cette guerre de 19 ans, la plus longue jamais livrée par les Etats-Unis, n’a d’évidence servi à rien puisqu’après en avoir été chassés, les Talibans sont sur le point de contrôler le pays. Une décision douteuse si ces derniers ne tiennent pas compte des termes de leurs accords avec Washington et laissent les djihadistes de Daesh et d’Al Qaeda multiplier à Kaboul les attentats meurtriers. Une décision précipitée en tout cas, prise sans concertation avec les alliés de l’OTAN qui maintiennent encore des troupes sur place censées former l’armée afghane. 

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L’Afghanistan ou la guerre sans fin, avec ses milliers de victimes civiles et militaires, ses dépenses et sa corruption astronomiques, des décennies d’affrontement entre les Occidentaux et les mouvements islamistes, encouragés jadis à chasser les Soviétiques de ce pays somptueux et imprenable, le seul à avoir résisté en son temps à l’Empire Britannique. 

Aujourd’hui le gouvernement central à Kaboul est impuissant, la société exsangue sous le coup de la pauvreté et de la pandémie, et les femmes risquent d’être les premières victimes de la paix comme elles l’ont été de la guerre. 

Quels sont donc les enjeux du retrait des troupes américaines ? Caprice présidentiel ou stratégie réfléchie ? Quel impact sur l’OTAN? Quels bénéfices pour la Russie et les puissances régionales ? Sur le terrain, quelles proximités idéologiques, quels rapports de force entre Talibans, Daesh et Al Qaeda ? Qu’attendre enfin de la prochaine administration Biden ? Une guerre inutile, une paix impossible ? 

Christine Ockrent reçoit Michel Duclos, ancien ambassadeur de France en Syrie, conseiller spécial à l’Institut Montaigne, auteur de « La longue nuit syrienne » (L’Observatoire, 2019), Alexandra de Hoop-Scheffer, politologue, spécialiste des Etats-Unis et  des relations transatlantiques, directrice du think tank German Marshall  Fund of the United States, Gilles Dorronsoro, professeur de science politique à l'Université Paris  I, auteur de "Le gouvernement transnational de l'Afghanistan : une si  prévisible défaite" (à paraître le 17 décembre chez Karthala) et Georges Lefeuvre, anthropologue spécialiste de l'Afghanistan, chercheur associé à l’Iris.